« Du charbon pour chauffer les fesses de la France »

Publié le 25/08/2011
Jean Klein a été mineur pendant 37 ans. Il a gagné sa retraite en 1985. « Seulement, tous ceux qui ont arrêté de travailler avant 1987 ont vu leur retraite baisser de 30 %. Et oui, ne faites pas les gros yeux ! J'ai encore quelques années à vivre et je ne veux pas passer, pour ma santé, au régime général. » Au moment où il rend le micro, Jean est acclamé.
« Du charbon pour chauffer les fesses de la France »
« Du charbon pour chauffer les fesses de la France »
Jean Klein a été mineur pendant 37 ans. Il a gagné sa retraite en 1985. « Seulement, tous ceux qui ont arrêté de travailler avant 1987 ont vu leur retraite baisser de 30 %. Et oui, ne faites pas les gros yeux ! J'ai encore quelques années à vivre et je ne veux pas passer, pour ma santé, au régime général. » Au moment où il rend le micro, Jean est acclamé.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 25 Aout 2011 / STA /

 

 

Pendant la réunion, 80 manifestants ont fait passer leur message au mégaphone, avant d'interpeller Jean-Louis Borloo à sa sortie.

 

Dans la salle des congrès, des syndicalistes de FO, de la CFDT, du CFTC, de la CGC sont venus défendre le régime minier. Au bout de la table, Jean-Louis Borloo écoute, prend des notes, se tient la tête. À l'origine de la colère : un projet de décret imaginé par Xavier Bertrand, ministre du travail et de la santé, et qui fait suite au rapport Bur. Celui-ci prévoit la fusion des caisses régionales minières (Carmi) et de la caisse autonome nationale, basée à Paris. Les structures régionales seraient maintenues mais n'auraient plus de pouvoir décisionnel.

Autour de la table, une seule et même inquiétude : la perte de la gratuité des soins. « À l'époque, on entendait que les mineurs étaient à l'origine du redressement de la France. Aujourd'hui, on bafoue les droits de ces personnes ! », rappelle un syndicaliste. La disparition des hôpitaux de proximité avait déjà porté un coup aux privilèges. « La mine a développé des maladies spécifiques. Nous avions la chance d'avoir une médecine de qualité à proximité. Bientôt, ces personnes qui avancent en âge, devront faire 30, 50, 100 km à leurs frais pour se soigner. C'est inadmissible ! », tempête un autre.

Tous se rejoignent sur le fait de décaler la parution du décret de manière à en discuter les points fondamentaux.

C'est seulement au bout d'une heure que Jean-Louis Borloo prend la parole. « Fondamentalement, nous avons changé de modèle. Toutefois, nous devons respecter les symboles. Cette réforme du régime minier, il faut lui donner un appui solide. Je vais en discuter avec Xavier Bertrand avant la publication. Je vous promets de me faire le relais de ça. » Dans l'assemblée, l'espoir de faire évoluer les choses semble bien maigre. »