« Flagrant délit de mensonge »pour les syndicats

Publié le 02/03/2012
Les syndicalistes sont très remontés contre Nicolas Sarkozy qu'ils accusent publiquement de mensonge. Horsde tout accord écrit, ils ne croient pas aux promesses d'un président-candidat, encore moins de leur patron Mittal.
« Flagrant délit de mensonge »pour les syndicats
« Flagrant délit de mensonge »pour les syndicats
Les syndicalistes sont très remontés contre Nicolas Sarkozy qu'ils accusent publiquement de mensonge. Horsde tout accord écrit, ils ne croient pas aux promesses d'un président-candidat, encore moins de leur patron Mittal.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 02 Mars 2012 / Région /

 

Les syndicalistes d'ArcelorMittal n'ont pas eu le temps de se concerter, hier matin, avant de réagir face à la presse. Mais ils ont tous vertement critiqué les propos de Nicolas Sarkozy. Photo Pierre HECKLER

L'intersyndicale d'ArcelorMittal n'a pas eu besoin de se concerter pour dire tout le mal qu'il fallait penser des déclarations de Nicolas Sarkozy de bon matin à la radio. Le président-candidat n'a fait qu'aggraver la rupture entre lui et les sidérurgistes. « Au moins Hollande est venu sur le terrain nous donner un peu d'espoir. Lui, il veut nous sauver avec une queue de cerise, ça suffit ! » tonne le délégué de FO, Walter Broccoli.

Toute la journée, la réplique a été dure, accusant publiquement le président de la République de mentir volontairement pour raison électoraliste. L'annonce d'un redémarrage du haut fourneau, le P6, au second semestre donc après les élections présidentielles, ils n'y croient pas. Au contraire, ils se sentent floués.

CFDT, CGT, FO, CGC-CFE, tous ont le souvenir de Liège, d'un accord trahi, qui a débouché sur la fermeture du site belge. « Nous n'avons aucune confiance en M. Mittal », tranche Édouard Martin. Ils veulent donc un accord signé, une garantie de l'État. « Si Sarkozy est vraiment sûr de son compte, alors pourquoi attendre ? défie Edouard Martin. Qu'il signe ! Ici, il s'adresse à des adultes qui connaissent leur entreprise. Il peut mentir à la France entière mais pas à nous. Il fait le même coup qu'à Pétroplus. Sauf qu'à eux, on a donné six mois de sursis et, à nous, on nous dit que ça redémarre dans six mois... On a vraiment l'impression que ce président se rend complice d'une décision machiavélique ! »

« Comment peut-ilfaire ça ? »

Le communiqué de la direction, tombé en fin de matinée, les a confortés. « Ils disent 'dans la perspective d'une reprise économique'. Ah, bien voilà, on ne peut pas faire mieux ! Nicolas Sarkozy est pris en flagrant délit de mensonge. Il faut que les gens le sachent. » Claude Barrière, (CGT) reprend : « C'est de l'esbroufe totale ! » « Une annonce électorale, on nous fait de grosses promesses qui avaient déjà été faites », ajoute Antoine Secreti, pour la CGC-CFE. « On va lui pourrir sa campagne présidentielle », promet Broccoli, en faisant les comptes

Ce matin, les délégués sont à Paris, au comité central d'entreprise. À Florange, statu-quo. « On va continuer à camper là ! », assure Edouard Martin,

Avant de monter dans le TGV pour Paris, le délégué CFDT dressait un tableau sombre : « Cela démontre bien que le pire est à venir. Ils sont en train de nous berner de manière délibérée. C'est lui qui se présente comme le président qui protège les Français mais il passe un pacte avec le diable. » Hier, c'était aussi une première journée printanière.

Il y avait un grand soleil sur Florange et la Lorraine. Edouard Martin et ses collègues syndicalistes ne l'ont même pas remarqué. « Comment un président peut faire ça ? Comment peut-il se rendre complice de ça ? »

Olivier SIMON.