« L'été de tous les dangers »

Publié le 28/06/2012
Les métallos d'ArcelorMittal Florange ont bloqué l'usine hier toute la journée, craignant l'annonce d'un plan social d'ici à la fin de l'été.
« L'été de tous les dangers »
« L'été de tous les dangers »
Les métallos d'ArcelorMittal Florange ont bloqué l'usine hier toute la journée, craignant l'annonce d'un plan social d'ici à la fin de l'été.

© L'Est Républicain, Jeudi le 28 Juin 2012 / Ouverture Région Lorraine + Vosges Matin

 

Les trois portes de l'usine mosellane été ont bloquées simultanément, à l'appel d'une intersyndicale CFDT-CGT-FO. Photo ER

Depuis mardi soir, une quarantaine de salariés et syndicalistes (CFDT-CGT-FO) d'ArcelorMittal bloquent l'usine de Florange. Après cinq mois de conflit pour obtenir la réouverture des deux hauts-fourneaux du site, à l'arrêt depuis juin et octobre 2011. « Nous ne voulons pas laisser croire que parce que la mission est en cours, on laissera tomber le combat », expliquait hier Frédéric Weber de la CFDT. « La mission » en question est l'expertise initiée par le ministre du Redressement productif début juin, qui devra rendre ses conclusions fin juillet sur la viabilité du site de Florange.

Les syndicats inquiets dénoncent une mission « menée par des experts qui raisonnent comme la direction : dans une logique de marché à un instant T, sans projection dans l'avenir », regrettaient hier les syndicats qui voulaient par ce blocage « maintenir la pression sur le ministre Arnaud Montebourg ».

Les différents scénarios étudiés par la commission d'expertise dite « commission Pascal Faure », que les syndicats ont rencontrée à deux reprises prévoient notamment le scénario de perspectives industrielles pour le site de Florange sans redémarrage des hauts-fourneaux et sans filière chaude. Une option fortement contestée par l'intersyndicale. « Il s'agit d'une mise en garde à Mittal mais aussi un avertissement clair et définitif au gouvernement : nous n'accepterons aucune solution alternative qui ne concernerait pas le maintien de l'ensemble des outils d'ArcelorMittal Florange, site intégré. Si cette commission est là pour nous convaincre qu'on peut vivre sans les hauts-fourneaux, mieux vaut arrêter tout de suite », annonçait Édouard Martin de la CFDT.

Arnaud Montebourg joue les pompiers au téléphone

Hier en début d'après-midi, « l'avertissement » était arrivé jusqu'au ministère du Redressement Productif, « alerté par les dépêches qu'il avait pu lire dans la matinée », puisqu'Arnaud Montebourg lui-même a téléphoné aux grévistes pour les assurer que si la commission étudie, « seul le gouvernement aura le pouvoir de décision et que ladite commission n'a pas mandat pour étudier des alternatives sans redémarrage des hauts-fourneaux et qu'enfin l'option du gouvernement était le maintien d'un site intégré, avec ou sans Mittal ». Le ministre a rassuré les métallos leur affirmant que la décision concernant Florange serait une décision « politique et non pas technique ».

Les syndicats d'ArcelorMittalFlorange ont eu la confirmation, lors d'un CE mardi, de la poursuite de l'arrêt des hauts fourneaux pour le 2e semestre. Le chômage partiel concernera 1.934 salariés et se montera à 35.171 jours, en augmentation par rapport au 1er semestre de l'année. Soit en moyenne 18 jours chômés par agent. Déjà accordée à plusieurs reprises depuis le début du conflit, une demande de financement du chômage partiel (APLD) a été faite à l'État par ArcelorMittal. Une réunion en préfecture à Metz devra définir les modalités et conditions d'attribution de l'APLD.

Les syndicats craignent en outre que la direction « profite de l'été pour annoncer des licenciements secs. Ce sera l'été de tous les dangers » a annoncé Édouard Martin.

Décidés à ne pas lâcher la pression sur le gouvernement, les métallos de Florange se rendront devant l'Assemblée nationale mardi prochain à Paris, où le Premier ministre doit prononcer son discours de politique générale. Des actions seront aussi menées pendant les JO de Londres, où Lakshmi Mittal doit notamment porter la flamme olympique.

Stéphanie SCHMITT