« Le droit d'être soigné »

Publié le 17/04/2010
Le 17 mars, 2 000 affiliés ont manifesté à Paris pour défendre le régime minier. Malgré cette mobilisation, selon les syndicats, le gouvernement fait la sourde oreille.
« Le droit d'être soigné »
« Le droit d'être soigné »
Le 17 mars, 2 000 affiliés ont manifesté à Paris pour défendre le régime minier. Malgré cette mobilisation, selon les syndicats, le gouvernement fait la sourde oreille.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 17 Avril 2010 / FOR
 
Les cinq fédérations de mineurs parlent d'une même voix. Photo RL.

On ne peut passer l'histoire sous silence », lance Alain Cuvillier. « L'accès aux soins n'est pas un avantage mais une compensation. La profession minière a le taux d'accidents du travail le plus élevé, de même que les invalidités, les maladies du travail ou encore les décès », poursuit le président de la fédération CGC Mines. Un discours repris en choeur, jeudi matin, par tous les responsables de l'interfédérale des mineurs CGT, CFDT, CFTC, FO et CFE-CGC lors d'une conférence de presse destinée à faire le point sur les négociations avec le gouvernement, notamment concernant la garantie de la gratuité des soins, suite à la suppression de la gratuité des transports pour des soins, et le refus d'agrément de l'accord-cadre consistant à la mise à disposition du personnel vers les associations.

Renoncement aux soins

Avec un constat. « C'est que malgré le succès de la manifestation du 17 mars qui a vu la mobilisation de plus de 2 000 affiliés devant la Caisse autonome nationale et le ministère de la Santé, il y a un manque de respect de la population minière par le gouvernement », accuse Guy Kuhnen. « Madame Roselyne Bachelot n'a pas daigné nous recevoir, ni même nous écrire », reproche le secrétaire général du syndicat national CFDT des mineurs et du personnel du régime minier. « Je crois que le gouvernement n'a pas pris toute la mesure de la gravité et de l'urgence de la situation. » Les syndicats pensaient cependant avoir enregistré une avancée avec la mise en place d'une enquête parlementaire. « Mais on se contente de confier cette mission à un député, UMP, d'Alsace ; donc sans tenir compte des différentes composantes politiques, mais surtout en écartant les députés de Lorraine et du Nord-Pas-de-Calais. »

Manif à Forbach

Plus grave, les syndicats ont enregistré « plusieurs dizaines de cas » de personnes ayant renoncé à se faire soigner, du fait de la suppression de la gratuité des soins. « C'est toute la logique du 2/2/b que de corriger les difficultés d'accession aux soins. Là, on s'aperçoit qu'il y a une réelle urgence, surtout face à une population dont al moyenne d'âge est de 74 ans. On nous enlève un droit, c'est inacceptable », s'insurge Richard Caudy, de la CGT. L'Interfédérale ne compte pas relâcher la pression et continuera à organiser des actions dans les différentes régions. Une manifestation est d'ailleurs programmée pour le jeudi 20 mai à 15 h à Forbach. « Ce n'est pas un combat en vain », intervient Jean-Pierre Damm des Mineurs FO. « C'est assez rare pour être souligné : les cinq fédérations parlent d'une même voix et il n'y a pas de discordance sur l'objectif final : il s'agit de rétablir une injustice. » De plus, « cette mesure représente une économie de seulement 10 millions d'euros. Mais combien d'emplois perdus dans le même temps ? », interroge Jean-Pierre Damm. Autre sujet d'inquiétude : le sort du personnel minier : « On laisse près de 3 000 salariés dans le flou et cela n'émeut personne. Alors qu'ils ont réellement de quoi être inquiets, à la fois dans la sécurisation de leur parcours, mais également dans la pérennisation même de l'activité », souligne Eric Groh, de la CFTC. « Le régime minier est cohérent et répond aux besoins de la population. Nous avons fait les efforts nécessaires pour nous ouvrir au reste de la population. Aujourd'hui, c'est un véritable manque de respect », clame Alain Cuvillier. « Surtout que la médecine libérale ne pourrait pas absorber les besoins de la population minière », reprend Richard Caudy. « Nous devons préserver ce qui est garanti aux mineurs et pérenniser les établissements, pour l'ensemble de la population », conclut Eric Groh.

B.B.