« Notre objectif est d'aider les jeunes avant tout »

Publié le 21/01/2012
« Nous aussi nous voulons nous faire entendre », explique François Portilla, délégué du personnel CFDT du Centre éducatif fermé de Forbach.
« Notre objectif est d'aider les jeunes avant tout »
« Notre objectif est d'aider les jeunes avant tout »
« Nous aussi nous voulons nous faire entendre », explique François Portilla, délégué du personnel CFDT du Centre éducatif fermé de Forbach.

 

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 21 Janvier 2012 / FOR

Hier, entouré de son suppléant et d'une grosse partie du personnel administratif et éducatif de l'établissement (20 personnes) François Portilla s'est totalement désolidarisé des onze éducateurs qui se sont mis en arrêt maladie pour protester contre « leurs conditions de travail » et faire part de leur « mal-être » (RL du 14 janvier).

« Nous, notre seul objectif, c'est le bien-être des mineurs accueillis chez nous. Nous ne sommes pas une maison de correction, nous sommes là pour aider ces jeunes à s'en sortir et à réapprendre quelque chose durant les six mois qu'ils passent au CEF », défend l'équipe éducative et administrative fidèle à son poste.

Une attitude « révoltante »

Pour ces 20 employés, la plupart embauchée depuis l'ouverture du CEF, l'attitude des éducateurs en maladie est « révoltante ».

« Actuellement, nous nous sentons pris en otage par eux, dénonce le délégué CFDT. Nous faisons plus d'heures pour pallier leur absence et faire en sorte que le centre tourne. Mais par leur attitude, ils mettent en déséquilibre et en danger les jeunes. »

Le groupe estime totalement injustifiée la polémique lancée par ces onze éducateurs.

« Ils ne sont pas venus revendiquer chez le directeur et ne nous ont parlé de rien, nous avons appris leur malaise en lisant le journal. Ce n'est pas une façon de faire. »

Quant aux conditions de travail au sein du CEF et à la prise an charge des mineurs délinquants multirécidivistes, François Portilla et ses collègues ne sont pas d'accord avec les critiques émises.

30 heures de travail par semaine

« Notre temps de travail est annualisé, il est faux de dire que nous faisons beaucoup trop d'heures », insiste le délégué, rappelant que le personnel travaille en moyenne 30 heures par semaine. « Pas de quoi se plaindre. »

« Nous ne manquons pas de moyens pour mettre en place des activités, des ateliers. Encore faut-il que les éducateurs portent les projets, ce qui n'est pas le cas de ceux qui critiquent. »

L'enseignant qui intervient au centre défend lui aussi sa mission. « Contrairement à ce qui a été dit, les jeunes sont évalués au niveau scolaire et pris en charge et on arrive à les remettre sur le chemin de l'école. L'un d'entre eux est même scolarisé à l'extérieur dans un collège. Une grosse partie repart d'ici avec l'idée de faire un CAP alors que beaucoup d'entre eux sont déscolarisés depuis un ou deux ans à leur arrivée. »

Accès à la formation pour le personnel

Quant au personnel non formé, François Portilla s'inscrit en faux par rapport à ceux affirmant n'avoir eu aucun accès à la formation.

« Certains ont passé leur diplôme d'éducateur en travaillant ici avec un aménagement de leur planning pour pouvoir étudier. Nous sommes plusieurs à faire actuellement une Validation des acquis par expérience », dit-il, précisant que personne n'a répondu cette année au plan de formation distribué par le secrétariat.

J. B.