« Nous serons le cauchemar de ce gouvernement »

Publié le 17/02/2012
ArcelorMittal La vallée de la Fensch (Moselle) gronde de colère à Florange. L'intersyndicale annonce des actions, comme l'occupation des locaux de la direction lundi, et une manifestation le 29 février à Metz
« Nous serons le cauchemar de ce gouvernement »
« Nous serons le cauchemar de ce gouvernement »
ArcelorMittal La vallée de la Fensch (Moselle) gronde de colère à Florange. L'intersyndicale annonce des actions, comme l'occupation des locaux de la direction lundi, et une manifestation le 29 février à Metz

© L'Est Républicain, Vendredi le 17 Février 2012 / Région Lorraine

 

P rès de 500 personnes ont participé, dans une ambiance surchauffée, à la réunion. Photo MAXPPP

Florange. Depuis la « fosse », une voix s'est extraite de la foule. Un ouvrier au chômage crie, sans micro. « Et pourquoi ne pas y aller maintenant à l'usine ? Pourquoi toujours renvoyer à plus tard. Y en a marre ! ».

À la « Passerelle » de Florange, la colère gronde. « C'est même de la rage » s'emporte Édouard Martin. Le syndicaliste CFDT en serait presque obligé de tempérer. Un comble, pour le plus jusqu'au-boutiste de tous les représentants syndicaux de Lorraine. L'assemblée générale de l'intersyndicale (CGT-CFDT-FO-CFE CGC) a bel et bien confirmé l'impression des jours précédents : la prolongation de la fermeture du haut fourneau P6 de Florange passe très mal chez Arcelor-Mittal où travaillent près de 5.000 personnes, dont 3.000 en CDI.

Près de cinq cents personnes ont participé, dans une ambiance surchauffée, à cette réunion, pour écouter la harangue des représentants syndicaux remontés comme des coucous. Derrière le maire PS Philippe Tarillon assurant les sidérurgistes de la « solidarité des élus », alors que la « confiance n'existe plus » en direction d'Arcelor-Mittal, les représentants syndicaux ont taillé des croupières aux représentants de la direction du groupe, et à Nicolas Sarkozy, désigné comme le responsable numéro un de la situation, après ses promesses non tenues de Gandrange.

« Ferrari a servi la soupe à Sarkozy ». Justement, l'exemple de l'usine voisine est là, pour attiser la colère ambiante. « Ici, on ne se fera pas avoir comme à Gandrange », déclare un ouvrier dans les clameurs collectives. François Pagano (CFE-CGC) : « Soyons unis jusqu'au bout, ne leur donnons pas l'occasion de nous tuer ».

Walter Broccoly (FO) fait lever la main des salariés âgés de plus de 45 ans. « Vous allez faire quoi maintenant ? Fini le resto, le ciné, les vacances. Mittal vous prévoit des hivers rudes. Mittal veut nous jeter ». Yves Fabery (CGT) appelle à la résistance face à une situation où « l'Etat français est complice ».

Les chiffres font mal : + 7 % de hausse mondiale de la demande d'acier. « Mais à l'arrivée, on nous supprime nos emplois pour engraisser les actionnaires qui veulent toujours plus de profit ».

Comment agir ? Une manifestation est déjà calée le 29 février (15 h), à Metz. Elle ne sera pas la seule. Édouard Martin hausse le ton au propre comme au figuré, dénonçant l'attitude de Laurence Ferrari (TF1) coupable d'avoir « servi la soupe » à Nicolas Sarkozy pour sa déclaration de candidature. « Sarkozy nous prend pour des cons, mais on va avoir l'occasion de lui rappeler que c'est nous qui décidons », scande le délégué CFDT, tenant la foule à bout de bras.

Plusieurs actions verront le jour rapidement. Comme l'occupation des locaux de la direction d'Arcelor Mittal, à partir de lundi 8 h. « Nous sommes enragés, on va mettre la direction au chômage partiel », poursuit Édouard Martin. « Cela ne fonctionne plus, ses promesses de Gandrange. Et cette fois, nous tiendrons, car il y a des ''couillus'' dans la salle. Que ce gouvernement se le tienne pour dit : il va entendre parler de nous. Nous serons son cauchemar ».

Antoine PETRY