« On veut bouffer du fonctionnaire »

Publié le 15/02/2011
Les services techniques, l'un des secteurs à risque en raison de la pénibilité des métiers et des risques d'accidents liés à certaines missions, font l'objet d'une réflexion.
« On veut bouffer du fonctionnaire »
« On veut bouffer du fonctionnaire »
Les services techniques, l'un des secteurs à risque en raison de la pénibilité des métiers et des risques d'accidents liés à certaines missions, font l'objet d'une réflexion.

 

 

Photo Marc WIRTZ

Epinglée pour l'absentéisme de ses agents, la Ville de Metz dénonce des approximations. Sans minimiser le problème.

Les 2 000 fonctionnaires titulaires de la Ville de Metz abusent-ils des congés maladie ? La question fait grincer des dents, depuis qu'un dossier paru dans le magazine Capital, dans son numéro de février, place la cité lorraine dans le palmarès des collectivités victimes de ces absences, avec, en moyenne, 20 jours d'arrêt par an et par agent. Deux fois moins tout de même que la commune de Bastia (44 jours), championne de cette catégorie taboue. Pas de quoi, cependant, calmer les esprits.

La pilule a du mal à passer chez les syndicats des agents territoriaux, qui dénoncent la méthode de calcul, sans minimiser pour autant ce fléau invisible. « On mélange les maladies ordinaires avec les longues maladies, les congés de maternité, de paternité, les accidents du travail, etc. », déplore Anne-Marie Klein, présidente de la FAFPT (Fédération autonome de la fonction publique territoriale), syndicat majoritaire et apolitique. Gérald Brandel, secrétaire-adjoint de la section CFDT, est remonté comme un coucou suisse. « Une fois de plus, on veut bouffer du fonctionnaire, et on s'y prend de cette manière ! »

Haro sur l'amalgame

Dans une riposte plus imagée, Christophe Lafoux stigmatise le mélange « des choux et des carottes ». Le directeur général des services de la Ville rappelle que le taux d'absence annuel et par fonctionnaire n'excède pas une dizaine de jours ces dernières années « quand on ne tient compte que des maladies ordinaires ». Le responsable souligne également que ce problème est pris à bras-le-corps dans les services les plus exposés, pour endiguer ce phénomène.

Si la prime d'intéressement, lancée dans les années 90, et indexée sur l'absentéisme, n'a pas eu les effets escomptés, d'autres actions ont été engagées pour tenter d'infléchir la tendance. A titre d'exemple, les Atsem (Agent territoriaux spécialisés des écoles maternelles) ont vu leur profession réorganisée depuis la rentrée de septembre, avec le retrait des tâches ménagères en fin de journée. Les services techniques, autre secteur à risque en raison de la pénibilité des métiers et des risques d'accidents liés à certaines missions, font aussi l'objet d'une réflexion, en partenariat avec le CHS (Comité d'hygiène et de sécurité). Avec, en bout de ligne, des reconversions possibles dans les services administratifs. Le vieillissement des salariés - donc plus exposés aux problèmes de santé - est aussi mis en avant parmi les motifs d'absence, sachant que près de 40 % d'entre eux ont plus de 50 ans.

Quant à savoir si l'absentéisme est un sujet tabou, Christophe Lafoux réfute. L'important, selon lui, est « d'en parler sereinement, et avec les bons chiffres. » Et de conclure : « Nous ne cherchons pas à traquer les fonctionnaires absents mais à faire en sorte qu'ils soient plus efficaces et plus motivés. »