« On veut nous faire signer un chèque en blanc »

Publié le 25/01/2011
A quelques jours de la signature pour la constitution de la communauté hospitalière de territoire, les organisations syndicales du CHR Metz-Thionville haussent le ton. Comme hier, à Metz.
« On veut nous faire signer un chèque en blanc »
« On veut nous faire signer un chèque en blanc »
A quelques jours de la signature pour la constitution de la communauté hospitalière de territoire, les organisations syndicales du CHR Metz-Thionville haussent le ton. Comme hier, à Metz.

Le Républicain Lorrain, Mardi le 25 Janvier 2011 / Région
 

 

Depuis hier, le personnel du CHR Metz-Thionville est invité à porter une étiquette sur leur blouse, les invitant à dire «non» à la communauté hospitalière de territoire. Photo Maury GOLINI

jeudi, le conseil de surveillance du CHR Metz-Thionville doit se prononcer « pour » ou « contre » la constitution de la communauté hospitalière de territoire du sillon lorrain, un rapprochement statutaire entre le CHR Metz-Thionville et le CHU Nancy (lire RL de vendredi dernier).

Sur le fond, cette idée n'est pas contestée par le corps médical hospitalier messin, mais sur la forme, elle fait bondir, car tous estiment qu'elle ne comporte aucun programme médical. Du coup, les organisations syndicales, inquiètes, ont décidé de hausser le ton à quelques jours de la signature. La semaine dernière, la CGT avait lancé une pétition.

Hier, à l'hôpital Bon Secours de Metz, la CFDT a entamé une distribution d'étiquettes, invitant tout le personnel de l'établissement de santé à porter cet insigne sur leur blouse : « Non à la CHT [NDLR : Communauté hospitalière de territoire] sans projet médical ! »

« Le 18 janvier, nous avons eu un comité technique d'établissement où nous avons abordé la CHT. C'est à la lecture du projet que nous avons réalisé qu'il était vide. Je ne suis pas contre, mais on nous demande de donner un chèque en blanc. Et ça, je le refuse, explique Catherine Morel, déléguée CFDT. Cette communauté hospitalière de territoire est un accouchement forcé. Nous avons plein d'incertitudes pour le personnel et les conditions de travail. Et qu'on ne me parle pas de guéguerre Metz-Nancy, nous ne sommes pas dans ce débat ! ».

Quinze membres au conseil de surveillance

Décidée à ne rien laisser passer, Catherine Morel s'étonne du dialogue social qui s'est rompu avec la direction du CHR depuis le 11 octobre dernier, date de la suspension administrative du service de chirurgie cardiaque. « Aujourd'hui, en aucune façon la CFDT n'acceptera d'hypothéquer l'avenir du CHR qui a toute sa place en Lorraine Nord, tout comme le CHU en Lorraine Sud. En aucune façon, nous n'accepterons que l'avenir du CHR soit bradé. Nous souhaitons juste que la CHT nous soit présentée avec un projet médical commun construit et pensé par le CHR et le CHU, pas une CHT bâclée, accouchée au forceps ».

Une chose est sûre, au conseil de surveillance du CHR, jeudi, le vote risque d'être serré.

Certains membres, à l'image de Nathalie Griesbeck, représentant le conseil général de la Moselle, ont déjà annoncé qu'ils voteraient contre le projet.

Sont membres du conseil de surveillance : le maire de Metz Dominique Gros, le maire de Thionville Bertrand Mertz, le président de Metz Métropole Jean-Luc Bohl, Nathalie Griesbeck, André Corzani, représentant le conseil général de Meurthe-et-Moselle, Brigitte Vaisse, représentant la Région, Pascal Gouilly, représentant de la commission de soins infirmiers, de rééducation et médico-techniques, le Dr Khalifé Khalifé, chef du pôle cardio-vasculaire, le Dr Michel Bemer, chef de service de réanimation, Carmen Lipinski et Catherine Roch (CGT), Denis Jacquat, personnalité qualifiée désignée par l'Agence régionale de santé, Francis Flamain (Ligue contre le cancer) et Claude Walter (Association pour le droit de mourir dans la dignité) et le Pr Henry Coudane, doyen de la Faculté de médecine de Nancy.

L. B.