« Qu'on nous donne les moyens humains »

Publié le 12/05/2011
Malgré une situation économique positive, la tension monte chez ZF-Fonderie Lorraine. CFDT et CGT dénoncent des promesses non-tenues, principalement sur les embauches.
« Qu'on nous donne les moyens humains »
« Qu'on nous donne les moyens humains »
Malgré une situation économique positive, la tension monte chez ZF-Fonderie Lorraine. CFDT et CGT dénoncent des promesses non-tenues, principalement sur les embauches.

Le Républicain Lorrain, Jeudi le 12 Mai 2011 / SRG
 

 

Commandes en hausse, nouvelle boîte de vitesse... Fonderie Lorraine tourne bien, mais a besoin de main-d'oeuvre stable plutôt que des intérimaires. Photo Thierry NICOLAS

Tout pourrait être pour le mieux dans le meilleur des mondes, chez Fonderie Lorraine. Après la reprise par ZF, l'un de ses principaux clients, le site de Grosbliederstroff prenait un second souffle, avec un avenir plein de promesses. Un an plus tard, toutes les promesses n'ont pas été tenues et deux syndicats, la CFDT et la CGT, grognent.
Précarité

« On nous avait annoncé 60 embauches au premier trimestre, peut-être plus sur l'année », annonce Didier Getrey, délégué syndical CFDT. « Au dernier comité d'entreprise, les chiffres annoncés donnaient... 3 CDI en plus. » Les départs sont remplacés, mais les effectifs n'augmentent pas. Pire, pour les syndicats, « le ratio entre le nombre de techniciens, agents de maîtrise et cadre et le nombre des ouvriers et de quasiment 1 pour 2 ». Un chiffre 'comblé' par le recours aux intérimaires, 253 fin mars. « On assiste à une précarisation des ouvriers », commente Francis Dumont, secrétaire CGT. Ceci étant couplé au turn over appliqué par la direction (injoignable hier). « Au bout de 18 mois, même s'ils ont bien fait leur boulot, alors qu'ils sont opérationnels sur deux ou trois postes et connaissent bien leur boulot, on les met en fin de mission et on en prend d'autres. », explique Didier Getrey. « Cela engendre des tensions, ajoute Francis Dumont, car les gars passent leur temps à former de nouveaux jeunes. » Qui s'ajoute à un problème de stress pour lequel les syndicats ont demandé une expertise en CHSCT. Les résultats devraient être rendus le 24 mai.

« Les promesses ne sont pas tenues envers les salariés, mais aussi envers les intérimaires, qui travaillent dur pour espérer une embauche. » Mais selon la CFDT et la CGT, les critères pour obtenir une place sont trop stricts. « Les candidats doivent passer par cinq 'paliers', suivant la hiérarchie, avec autoévaluation... » De quoi « dégoûter » les intérimaires. Les syndicats ont demandé à pouvoir suivre ces cursus d'embauche et demandent leur assouplissement.

D'autant plus que la plupart (85 %) sont employés pour un accroissement temporaire de l'activité (ATA), alors que « les commandes s'inscrivent dans la durée et qu'en 2012, on nous annonce une hausse de 50 % des commandes ».

Investissements

Tout n'est pourtant pas gris dans le ciel de Grosbliederstroff. D'un point de vue syndical, la CFDT et la CGT estiment que leur combat a payé. Ils avaient obtenu en février une hausse de salaire de 75 EUR et ont obtenu également des compensations suite au passage en 4X8. « Avant, on travaillait en VSD, sur la base du volontariat. » Désormais, plus de poste le dimanche, mais il reste le samedi. « On travaille trois samedis sur quatre, on n'a plus le choix. » Ce qui ne favorise pas la vie de famille ou sociale. Souci compensé en espèces sonnantes et trébuchantes.

Deuxième point positif, les investissements. Sur ce plan, les promesses ont été tenues. « Pendant six ans, nous n'avions eu aucun investissement. Nous avons des machines qui datent de 1950 et que nous 'retapons' tous les cinq ans... », explique Didier Getrey. ZF investit (9 MEUR pour 2012) pour renouveler le matériel, ceci, notamment, pour réduire le pourcentage de rebut de 25 % à 7-10 %.

Nouveau projet

Enfin, après la 8HP (boîte 8 vitesses) produite dans l'extension, le site développe un nouveau produit, une boîte de vitesse pour un véhicule électrique, la RW1, sans doute pour le nouveau Kangoo de Renault-Nissan. « C'est une boîte moulée d'une quinzaine de kilos, avec un temps d'usinage énorme, environ 30 mn. » Le projet démarre, mais les quantités pourraient être importantes.

« Il faut qu'on nous donne les moyens techniques, mais aussi humains pour faire bien et mieux », martèlent les syndicalistes.

Michel LEVILLAIN.