« Que de journées perdues ! »

Publié le 03/01/2010
Trois dimanches d'ouverture avant Noël perturbés par des conditions météo plus qu'hivernales, le premier dimanche des soldes refusé à la dernière minute alors que les collègues luxembourgeois et meurthe-et-mosellans travailleront, les nerfs des commerçants thionvillois sont mis à rude épreuve.
« Que de journées perdues ! »
« Que de journées perdues ! »
Trois dimanches d'ouverture avant Noël perturbés par des conditions météo plus qu'hivernales, le premier dimanche des soldes refusé à la dernière minute alors que les collègues luxembourgeois et meurthe-et-mosellans travailleront, les nerfs des commerçants thionvillois sont mis à rude épreuve.

Le Républicain Lorrain, Dimanche le 03 Janvier 2010. / Thionville / Actualité

Les grilles fermées   par arrêté préfectoral   en ce premier dimanche   de soldes   et c'est un nouveau manque à gagner   pour les commerçants.
Les grilles fermées par arrêté préfectoral en ce premier dimanche de soldes et c'est un nouveau manque à gagner pour les commerçants.
C'est une honte ! On nous demande notre avis et on ne le suit jamais. On nous fait des promesses et on ne les tient pas ». Dans cette boutique de vêtements pour femmes du centre-ville, on ne décolère pas. Première journée de soldes d'accord, mais pas de rabais sur le sentiment d'aigreur laissé par la décision de la préfecture de fermer les commerces en ce premier dimanche de janvier au nom du droit local. « Pendant ce temps, tout sera ouvert au Luxembourg ou à Nancy, pour nous c'est encore une journée de perdue. »Quel que soit le secteur d'activité, tous les commerçants s'accordent à dire qu'il était inutile d'ouvrir le dimanche de la Saint-Nicolas et que la neige tombée en abondance le 20 décembre n'a pas arrangé leurs affaires. Ce jour-là, même le Géric de Thionville avait enregistré une baisse de 50 % de sa fréquentation. « Pour ma part, je n'ai ouvert qu'un dimanche de décembre sur les trois et cela ne m'a rien rapporté, regrette Corine Weinling, propriétaire d'une autre boutique de centre-ville. Pour préparer les soldes, certains ont fermé le 31 décembre ou sont revenus travailler le 1er janvier. Un effort qui aurait pu être compensé par une ouverture dominicale. Mais bien sûr, ce ne sera pas le cas ! Le budget soldes de nos clients n'est pas extensible. Ce qu'ils auront dépensé ailleurs dès le premier week-end, ils ne viendront pas le dépenser chez nous ensuite. »

Dindons d'une farce amère concoctée par la CFDT ? Victimes d'un Droit local dépassé ? Les commerçants sont contraints de faire une nouvelle fois le dos rond et en ont marre de courber l'échine. « Nous devrions avoir le choix, reprend Corine Weinling. Effectivement, ceux qui ont beaucoup d'employés auraient peut-être eu des scrupules à leur demander de revenir pour un dimanche supplémentaire. Mais pour nous qui travaillons seuls, cette décision est injuste. Il n'est pas question de généraliser l'ouverture dominicale, simplement de la rationaliser et d'écouter l'avis des professionnels. »
Ce premier rendez-vous manqué de 2010 aura-t-il un impact sur la campagne de soldes d'hiver ? Réponse dans cinq semaines.

Stéphanie Pichard.