"Sidé" de père en fils : comme une évidence

Publié le 28/04/2012
Comme une évidence pour Pierre, le père, ancien salarié de 1967 à 2008 : « J'avais 20 ans à l'époque, j'étais de retour de l'armée et je voulais gagner de l'argent.
"Sidé" de père en fils : comme une évidence
"Sidé" de père en fils : comme une évidence
Comme une évidence pour Pierre, le père, ancien salarié de 1967 à 2008 : « J'avais 20 ans à l'époque, j'étais de retour de l'armée et je voulais gagner de l'argent.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 28 Avril 2012 / THI
 
Le soutien des anciens aux plus jeunes est on ne peut plus une histoire de famille chez les Coletti. 'Sidé' on est d'arrière-grand-père à petit-fils. Quatre générations, rien de moins.

La sidérurgie était alors une valeur sûre. Nous étions en pleines Trente Glorieuses, on ne se posait pas de question . À l'époque, je devenais salarié de Sacilor à Gandrange. L'usine était toute neuve, pas de soucis à se faire donc . Une grosse boîte avec des emplois pérennes, on ne pouvait qu'adhérer et laisser ses enfants en faire autant ».

Une histoire de famille pour Didier, le fils, salarié depuis 1998 à Saint-Agathe : « Même du côté de ma mère on était Sidé. Son père l'a été. Encore à l'époque où il me fallait moi-même trouver un travail, la sidérurgie apparaissait comme un des plus gros pourvoyeurs d'emplois. Et puis rentrer à l'usine est la première chose qui venait logiquement à l'esprit. Nous habitions tous la cité. Et le groupe Usinor avait encore à sa tête des capitaines d'industrie, pas des financiers ».

Puis Pierre, le premier, a déchanté : « Ma boîte était neuve mais autour, c'était la catastrophe. Le plan acier a frappé. Alors je me suis engagé dans le syndicat et de 1979 à 1984, j'ai vécu mes plus grosses manifestations un peu partout dans la vallée, à Paris. Mais à cette époque, mes deux enfants étaient jeunes, leur avenir ne représentait pas encore une inquiétude et moi, j'avais du travail. Aujourd'hui je ne regrette pas de les avoir vus devenir tous les deux Sidé, mais leur avenir m'inquiète forcément ».

Le fils, ex-secrétaire de section CFDT est retourné travailler après les dernières élections syndicales : « Mais je reste très vigilant, et toujours solidaire avec les gars. C'est notre usine et nous la respectons. Des directeurs, on en a vu défiler, mais nous, nous sommes toujours là. Nous veillons sur l'outil, à ne jamais le détériorer. L'industrie est un secteur stratégique en France, elle ne peut cesser ».

L'avenir ? « I l est incertain mais on attend beaucoup de ce qui va se passer bientôt ».

Si c'était à refaire ? « Je ne regrette rien. Et il faut que les dirigeants de ce pays comprennent que notre usine rapporte. Celui qui reprendra ce site demain gagnera de l'argent ». Le père en est tout aussi convaincu.

Propos recueillispar S.-G. SEBAOUI.