« Sincèrement, on s'y attendait un peu... »

Publié le 13/05/2011
« Je suis terriblement déçu. Avec tout ce qu'on donne en ce moment ! On travaille les week-ends parce qu'il y a des commandes. Là, je pense surtout aux jeunes de l'usine. C'est pour eux que ça va être dur. »
« Sincèrement, on s'y attendait un peu... »
« Sincèrement, on s'y attendait un peu... »
« Je suis terriblement déçu. Avec tout ce qu'on donne en ce moment ! On travaille les week-ends parce qu'il y a des commandes. Là, je pense surtout aux jeunes de l'usine. C'est pour eux que ça va être dur. »

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 13 Mai 2011 / Région
 

 

Les syndicats ont manifesté bruyamment au portail de l'usine, au moment du changement de poste, avant 14h. Photo Maury GOLINI

 Vincent, ouvrier depuis trente-sept ans au sein de l'usine PSA de Metz-Borny, est amer. Pour lui comme pour les représentants syndicaux CFDT-CGT, « c'est un coup dur. On espérait beaucoup dans ce projet qui devait donner un second souffle à notre site », explique Philippe Pétry, de la CFDT. Pour d'autres salariés quittant le poste à 14h, il n'y a pas vraiment de surprise. « Sincèrement, on s'y attendait un peu », assure Jean, magasinier depuis vingt-deux ans chez PSA Peugeot Citroën. « On peut être inquiet, mais pas dans l'immédiat. Je n'ai pas de crainte pour l'avenir de notre usine. Ici, nous faisons un produit de qualité, la boîte MA. Nous sommes les seuls à la produire. On reste compétitif. Et plus tard, quand il s'agira de fabriquer une nouvelle boîte, on le fera. Tout ne sera pas concentré à Mulhouse ou à Valenciennes », ajoute Jean.

Avec les élections

Pour Didier, régleur depuis neuf ans, « il ne faut pas avoir de crainte. Ici, on a du boulot en ce moment. Et puis c'est bien pour Valenciennes. Dans le Nord, ils ont aussi besoin d'emploi. Et l'essentiel, c'est que ce projet ne soit pas délocalisé et reste en France. » Des salariés y voient aussi le poids des politiques. Jean-Raymond, entré à l'âge de 16 ans dans l'usine messine, reconnaît qu'en Lorraine « les élus ont bougé pour faire venir le projet à Metz. Mais je crois que Borloo a sûrement pesé dans le choix pour sa ville de Valenciennes. Et puis, à Trémery, PSA a investi dans le petit moteur. Il y a encore de la place pour les jeunes dans les usines chez nous. » Christian, machiniste, voit aussi le poids « des aides et autres subventions qui ont dû jouer en faveur de Valanciennes. » Il reste optimiste : « On n'aura pas la double embrayage, mais on fera sûrement d'autres produits. »

En attendant, certains syndicalistes n'ont pas apprécié que l'information de la direction tombe 48 heures après les élections professionnelles dont est sorti vainqueur un syndicat maison, le SIA (Syndicat indépendant de l'automobile), au détriment de la CFDT et de la CGT. « Elle l'aurait annoncé avant les élections, les résultats auraient été tout autres », remarquent la CFDT et un délégué de FO.

B. K.