17 MEUR pour confirmer ce qui était dans les tuyaux

Publié le 02/03/2012
Le nouveau produit, Usibor, est attendu depuis un an à Florange. La vraie nouveauté concerne la cokerie. Mais rien pour le packaging.
17 MEUR pour confirmer ce qui était dans les tuyaux
17 MEUR pour confirmer ce qui était dans les tuyaux
Le nouveau produit, Usibor, est attendu depuis un an à Florange. La vraie nouveauté concerne la cokerie. Mais rien pour le packaging.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 02 Mars 2012 / Région /

 

 

Les 17 MEUR annoncés pour Florange ne garantissent en rien la pérennité du site, mais au moins, ils viennent différer la crainte de ne jamais voir un haut fourneau fumerà nouveau dans la vallée. Photo Julio PELAEZ

huit millions d'euros d'investissement pour Usibor. C'est lui, le fameux nouveau produit annoncé, hier, par le président Sarkozy. Sauf qu'il n'est plus si nouveau. Pour la première fois de son histoire, Florange a même loupé le coche.

Produit à Mouzzon et Dudelange en petite largeur pour tester le marché, Usibor est un acier galvanisé qui réduit de 25 % le poids des voitures. Les constructeurs automobiles le plébiscitent et le demandent maintenant en grande largeur. « Dans quelques mois, ce sera une explosion de commandes. Or, Aditya Mittal a fait mettre l'investissement en stand-by » détaille François Pagano (CFE-CGC). « Entre-temps, nos concurrents l'ont fait et fournissent nos clients », enrage Walter Broccoli (FO). Volkswagen s'alimente chez ThyssenKrupp depuis janvier.

« C'est à Florange que les nouveaux produits ont toujours été lancés, rappelle François Pagano. Electrozingage, galvanisation, extragal, gavallia... Des produits chers qui permettent de dégager des marges exceptionnelles. En différant Usibor, on a perdu pour la première fois cet avantage structurel. » Alors, ces 8MEUR annoncés, Florange les considère un peu comme son dû. La Galva, d'ailleurs, a déjà été préparée pour accueillir le gros des travaux en juin-août, pendant l'arrêt des lignes.

Florange pour remplacer Dunkerque ?

Les 7 MEUR annoncés sur la cokerie, en revanche, sont nouveaux, mais n'ont rien de superflu. « Depuis longtemps, le gazomètre est abîmé et nous fait perdre une grosse capacité de stockage de gaz qui permet d'alimenter les lignes à froid », explique François Pagano. « Des travaux indispensables pour continuer à alimenter Dunkerque en coke », confirme la CGT. Ce coke et cette fonte qui permettaient à Florange de rester compétitif, « parce que indépendant d'approvisionnements extérieurs », insiste François Pagano. Edouard Martin (CFDT) n'avait guère apprécié les commentaires parisiens qui expliquaient la mort annoncée du site continental, « qu'ils viennent ici, et on leur montrera qu'on y fait ce que personne d'autre ne sait faire. » La CGC-CFE le dit différemment, avec des chiffres : « sur l'année 2010, comme à fin juillet 2011, l'écart entre le coût de la brame à Florange et Dunkerque n'était que de 42 EUR/t ».

8 MEUR pour Usibor, 7 MEUR pour la cokerie. Il reste donc 2 MEUR pour le P6. Sauf qu'il ne s'agit pas d'investissement, mais de fonctionnement. Un minimum pour assurer son redémarrage. Dunkerque stoppant un de ses fourneaux pour travaux du 20 août au 20 novembre, on peut penser que l'annonce n'est pas que de circonstance. Sans garantie aucune de fonctionnement pérenne. A Florange, il n'a échappé à personne que les investissements restent concentrés sur la filière à froid. Qui pourrait vivre une grosse dizaine d'années sans filière liquide. Même si toute l'usine clame qu'il n'y aura pas d'Usibor et autres aciers plats de haute qualité sans acier produit à Florange.

Et le packaging ? L'intersyndicale est unanime pour dénoncer le danger de fermeture. « Quasi 600 gars sont menacés ».

Laurence SCHMITT.