A. Filippetti : « Hollande tiendra ses engagements »

Publié le 19/05/2012
À Metz pour les législatives puis à Florange en hommage aux sidérurgistes d'ArcelorMittal, Aurélie Filippettia réservé son premier déplacement comme ministre de la Culture à la Moselle. Emouvant.
A. Filippetti : « Hollande tiendra ses engagements »
A. Filippetti : « Hollande tiendra ses engagements »
À Metz pour les législatives puis à Florange en hommage aux sidérurgistes d'ArcelorMittal, Aurélie Filippettia réservé son premier déplacement comme ministre de la Culture à la Moselle. Emouvant.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 19 Mai 2012 / Région
 
La ministre a été accueillie chaleureusement, hier, sous la tente des ArcelorMittal. Ici, entre Antoine Terrac (CFDT), Edouard Martin (CFDT), le maire de Florange Philippe Tarrillon (en arrière-plan) et le député-maire de Fameck Michel Liebgott. Photo Pierre HECKLER

Des photos, un apéro-cacahuètes, du champagne et des bisous. Des « félicitations, Aurélie ! », comme s'il en pleuvait. Mais aussi une déclaration d'amour réciproque entre les Mittal de Florange et la nouvelle ministre lorraine de la Culture et de la Communication. « On me dit qu'il faut que je t'appelle Mme la ministre ! [...] Merci donc, Aurélie, de nous avoir réservé ton premier voyage officiel, avant d'aller à Cannes. Même si, nous ici, on est en train de vivre un mauvais polar », lâche Edouard Martin (CFDT), un des leaders emblématiques de la lutte des ArcelorMittal. C'est vrai, hier, la petite fille de sidérurgistes a préféré les drapeaux rouges au tapis rouge. La petite tente blanche des Indignés devant le laminoir à froid aux barnums bling bling. La croisade des mineurs de fer à la Croisette.

Refuser la fatalité

Le matin, à Metz, elle avait déjà promis, très émue, de ne pas oublier la Moselle, en se disant « prête à prendre le risque de perdre (son) poste au gouvernement » en cas de défaite aux élections législatives en Moselle, où elle se présente dans la première circonscription (Metz).

À 16h, l'émotion était encore palpable au moment de prononcer un discours enflammé sur son lien avec la classe ouvrière. « Mes chers amis, je suis heureuse de revenir [...] aux côtés de ceux qui sont des exemples pour la France entière, qui ont refusé la fermeture de ces hauts-fourneaux. 335 kilomètres à pied de Florange à Paris, c'est beaucoup plus difficile que d'aller d'Audun-le-Tiche à la rue de Valois (NDLR, son ministère). Je me sens des vôtres. Même si je constate que l'histoire se répète, je crois avec François Hollande que l'on peut changer son cours. Il a toujours un oeil sur ce qui se passe ici à Florange [...]. Je ne suis pas sa porte-parole mais je sais qu'il a pris des engagements, il les tiendra ! », improvise-t-elle, la voix cassée.

Rappel à l'ordre

Sur les visages, dans l'assemblée, se lit une immense fierté, doublée d'une amitié vigilante. Ils ont aussi en face d'eux le membre d'un gouvernement dont ils attendent les premières actions concrètes et qui peut, croient-ils, encore les sauver. Pour que les hauts-fourneaux P3 et le P6 ne rejoignent pas le U4 voisin au patrimoine industriel de sitôt. « Je sais que les bons amis, ce sont ceux qui savent vous rappeler à l'ordre », avoue une Aurélie Filippetti les bras chargés de roses. « On avait dit qu'on serait le cauchemar de Sarkozy. On espère ne pas devenir celui de Hollande et donc le tien », prévient Édouard Martin, aux côtés de Philippe Tarrillon (maire de Florange) et Michel Liebgott (député-maire de Fameck). Ce dernier en profite d'ailleurs pour glisser un message sur la dramatique situation hospitalière dans la Vallée à destination de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé.

A Florange, sur le front de l'acier, « il faut prendre des mesures urgentes », plaide Frédéric Weber (CFDT). Edouard Martin sait qu'il faut que le gouvernement s'en occupe, à marche forcée. « Il faut une loi très vite, pour empêcher Mittal de sacrifier notre outil de travail. Il l'a dit, il décidera avant l'été. Mais au-delà, il faut des partenariats européens pour que la sidérurgie s'ancre dans les territoires. L' Allemagne l'a réussi avec Saarsthal, par exemple. Les régions pourraient être partie prenante dans l'actionnariat, avec les fondations. » Bref, Arnaud Montebourg, chargé du Redressement industriel, et l'ensemble du gouvernement de gauche, sera jugé aux actes. Et ils doivent venir très vite.

Alain MORVAN.