A Freyming-Merlebach : un hôpital en danger

Publié le 04/09/2012
La ministre de la Santé a offert un sursis au régime minier cet été. La CFDT veut profiter de cette oreille attentive en réclamant désormais une table ronde sur les restructurations hospitalières et le cas délicat de l'hôpital de Freyming.
A Freyming-Merlebach : un hôpital en danger
A Freyming-Merlebach : un hôpital en danger
La ministre de la Santé a offert un sursis au régime minier cet été. La CFDT veut profiter de cette oreille attentive en réclamant désormais une table ronde sur les restructurations hospitalières et le cas délicat de l'hôpital de Freyming.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 04 Septembre 2012 / FOR /

 

 

La CFDT mineurs a organisé une manifestation éclair hier à l'hôpital de Freyming afin de redire qu'elle défend une offre de soins cohérente dans le Bassin houiller. Elle réclame surtout la reprisede la réforme de l'hôpital de Freyming en établissement de soins d'aval. Photo Philippe RIEDINGER

La CFDT mineurs a organisé un rassemblement éclair, hier en fin de matinée, dans la cour d'entrée de l'hôpital de Freyming.

L'objectif était de remettre en lumière le sort de ce centre hospitalier dépendant du régime minier, et dont l'avenir apparaît parmi les plus incertains. La volonté était aussi, plus globalement, de relancer « l'idée d'une réelle concertation sur les restructurations hospitalières et l'avenir de l'offre de soins en Moselle-Est ».

Cet été, le ministère de la Santé a offert un sursis au régime spécifique de sécurité sociale dans les mines. Et la CFDT entend bien surfer sur cette victoire des fédérations de mineurs en maintenant la pression sur le nouveau gouvernement.

« On prend Marisol Touraine aux mots. Nous disons : maintenant, il faut que cela bouge », confirme Pascal Bodocco. Pour ce porte-parole CFDT mineurs, il est temps de mettre en marche un véritable « plan d'entreprise pour l'hôpital de Freyming ».

Depuis plusieurs mois, cet établissement, qui emploie encore 460 personnes, vit dans le statu quo et donc dans une grande incertitude. Dès 2010, le destin de l'hôpital de Freyming avait été identifié : il devait devenir, dans le cadre des restructurations hospitalières de Moselle-Est, un hôpital d'aval, soit un hôpital de soins de suite opératoire, de moyen et long séjour. Quelques services, dits de soins aigus, ont ainsi commencé à déménager. C'est le cas, par exemple, de la réanimation. Mais tout s'est brutalement arrêté sans explication ni justification. Aujourd'hui, l'hôpital de Freyming se retrouve au milieu du gué, et en grand danger : avec des services de court et de moyen séjour, associés sans aucune cohérence. L'Agence régionale de santé (ARS) de Nancy, qui a la responsabilité des restructurations, est montrée du doigt.

Déficit de 17 MEUR

« La politique de l'ARS mène à la disparition de l'offre de soins dans notre bassin. On a l'impression que l'agence veut laisser pourrir une situation pour ensuite décider de fermetures pures et simples. On ne sent pas une envie d'aboutir à une vraie solution pour la Moselle-Est. Mais aujourd'hui, le temps presse car l'hôpital de Freyming accuse un déficit estimé à 17 MEUR », dénonce la CFDT mineurs.

Pour Pascal Bodocco, il faut reprendre d'urgence le processus de transformation en hôpital d'aval « et surtout préserver les services de soins aigus. On ne s'oppose pas aux restructurations. Si ces services doivent quitter Freyming, pas de problème, on le comprendra. Mais il faut absolument que ces spécialités médicales lourdes retrouvent une implantation en Moselle-Est ». Pascal Bodocco pense notamment à la neurologie, à la dialyse, à l'unité de soins intensifs en cardiologie (Usic). Pour lui, un service comme la neurologie doit indispensablement trouver sa place dans un hôpital de Moselle-Est. « Les AVC (accidents cardio-vasculaires) sont la deuxième cause de mortalité en Moselle-Est. Priver ce territoire de 250 000 habitants d'un service de neurologie, c'est dire à une population âgée et de faible revenu qu'elle n'aura plus jamais les mêmes chances que la population de Metz ou du sillon mosellan », plaide ce cadre de santé. On le voit, au-delà du cas délicat de l'hôpital de Freyming, c'est la remise à plat de toute la réflexion sur l'offre de soins entre Sarreguemines et Saint-Avold, en passant par Forbach et Freyming, que réclame la CFDT. Sans hésiter à remettre sur le tapis l'idée de PTU, ce grand hôpital neuf pour le Bassin houiller lorrain, longtemps promis mais aujourd'hui rangé aux oubliettes. « Pour nous, le PTU reste la meilleure solution. Nous allons écrire à l'ARS, aux élus locaux, au ministère pour demander l'ouverture d'un dialogue enfin concret sur l'avenir des hôpitaux de Moselle-Est et du Bassin houiller », conclut Pascal Bodocco qui espère que l'action menée hier par la CFDT sera prolongée « avec d'autres fédérations de mineurs et syndicats de la santé du privé ou du public ».

Stéphane MAZZUCOTELLI.