Accident mortel : mauvaise passe pour ArcelorMittal

Publié le 26/03/2010
Nouveau drame chez ArcelorMittal, à Ebange : mercredi, André Becker travaillait sur la vernisseuse à bande lorsqu'il a été happé par un enrouleur à courroie. Agé de 56 ans, il est décédé hier de ses blessures.
Accident mortel : mauvaise passe pour ArcelorMittal
Accident mortel : mauvaise passe pour ArcelorMittal
Nouveau drame chez ArcelorMittal, à Ebange : mercredi, André Becker travaillait sur la vernisseuse à bande lorsqu'il a été happé par un enrouleur à courroie. Agé de 56 ans, il est décédé hier de ses blessures.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 26 Mars 2010. / Lorraine / Faits Divers
 

 


 


 
C'est sur ce type de poste de travail qu'a eu lieu l'accident mortel, mercredi. Les rouleaux embobinent la tôle vernie à grande vitesse. Cette ligne est spécialisée pour les aciers pour emballage.
On est effondrés et atterrés ! », confie Didier Coletti, secrétaire de la section CFDT Amal & L. Les salariés d'ArcelorMittal de Florange sont à nouveau en deuil.Mercredi, 12 h 15. André Becker est en poste sur la vernisseuse en bande, à Ebange. Pour des raisons encore indéterminées, le salarié, âgé de 56 ans, est soudain happé par l'enrouleur à courroie, une sorte de rotative qui embobine la tôle. Les secours internes, ainsi que les sapeurs-pompiers et le Samu interviennent rapidement. En raison de la gravité de ses blessures, la victime est héliportée au CHU de Nancy. Mais malgré les soins prodigués, André Becker est décédé, hier matin. « Nous sommes dans la phase de recueillement et de deuil pour l'instant. Nous pensons à la famille de notre collègue. Mais il faudra ensuite déterminer les causes de cet accident », prévient le syndicaliste.
Les policiers du commissariat de Florange et Thionville, dépêchés sur les lieux de l'accident mercredi, sont déjà à pied d'oeuvre. Des auditions sont en cours pour reconstituer les circonstances de l'accident. Au moment des faits, au moins deux personnes se trouvaient à proximité. « Nous avons mis en place une assistance psychologique pour le personnel et pour la famille, vers qui vont toutes nos pensées », expliquait hier Henri Blaffart, le directeur de l'usine des aciers plats d'ArcelorMittal à Florange.Hier matin, chez ArcelorMittal, les salariés étaient sous le choc. Les esprits sont encore marqués par la disparition, il y a trois mois, d'Anthony Saumen. Dans la nuit du 15 au 16 décembre, le jeune homme, salarié de la filiale Gepor d'Illange, conduisait un locotracteur qui est tombé dans le canal de la Moselle. Les premières recherches n'avaient pas permis de retrouver le corps de l'habitant d'Aumetz. Il avait fallu attendre le 2 février pour repêcher sa dépouille. « La coupe est pleine ! On vient ici pour gagner notre vie et pas pour la perdre ! » Didier Coletti ne cache pas son exaspération et sa colère. Le syndicaliste rappelle le décès, en 2007, d'un autre collègue. L'accident était survenu sur la ligne d'électrozingage du site de Sainte-Agathe. « Le salarié avait été happé par un rouleau. »
Hier après-midi, un inspecteur du travail s'est rendu à Florange pour s'entretenir avec les membres du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHS-CT) et les dirigeants d'ArcelorMittal. En attendant les conclusions de l'enquête, une réunion extraordinaire du CHS-CT devrait être programmée aujourd'hui ou en début de semaine prochaine.


 

V. Pe.