Accueil houleux pour le syndicaliste frontiste

Publié le 29/03/2011
Des centaines de militants cégétistes attendaient de pied ferme Fabien Engelmann, qui portait les couleurs du FN aux élections.
Accueil houleux pour le syndicaliste frontiste
Accueil houleux pour le syndicaliste frontiste
Des centaines de militants cégétistes attendaient de pied ferme Fabien Engelmann, qui portait les couleurs du FN aux élections.

Vosges Matin, Mardi le 29 Mars 2011 / Région Vosges / MONTREUIL

 

 
Le syndicaliste suspendu de la CGT il y a un mois pour avoir porté les couleurs du FN aux cantonales, a reçu hier un accueil houleux au siège de la confédération, où il a défendu son double engagement, n'y voyant pas d'incompatibilité.

Plusieurs centaines de militants cégétistes - plus de 1 000, selon la centrale - attendaient de pied ferme Fabien Engelmann, secrétaire du syndicat CGT des agents territoriaux de la mairie de Nilvange (Moselle), qui a été entendu par la fédération des services publics.

Cette fédération se prononcera le 6 avril sur la suite à donner à cette affaire, qui met en jeu toute la section syndicale mosellane, également suspendue après s'être dite solidaire de son secrétaire. Pour la CGT, « il faudra reconstruire un syndicat à Nilvange. »

Sous les huées et les slogans anti-FN, Fabien Engelmann, accompagné du secrétaire adjoint de sa section, a dû franchir la foule compacte sous l'escorte du service d'ordre de la centrale, ainsi que de deux membres du « département protection sécurité » du FN, pour sa réunion avec le secrétaire général de la fédération, Baptiste Talbot.

Le Front national avait lui-même annoncé sa convocation, en précisant que l'intéressé s'adresserait à la presse à sa sortie. Un choix considéré comme une provocation par les militants CGT, qui avaient répondu en masse à l'appel de la CGT de Paris pour l'en empêcher.

« Il n'était pas question d'une conférence de presse à côté d'un haut lieu de des luttes ouvrières, de la solidarité, de la fraternité », a déclaré Francine Blanche, membre de la commission exécutive du syndicat, à l'issue de la rencontre. « Ce que porte le FN n'a rien à voir avec le syndicalisme, il n'y aura pas de FN dans la CGT », a-t-elle martelé.

La rencontre de Fabien Engelmann avec les journalistes n'a effectivement pas eu lieu devant le siège de la centrale. Après moins d'une heure d'entretien, il été invité à quitter discrètement le bâtiment, à la demande de la police, selon lui. Mais il a donné rendez-vous à la presse un peu plus tard dans Paris, pour raconter l'accueil que lui avaient réservé « deux cents personnes hyper-excitées, des gauchistes englués dans la pensée unique. »

Une autre procédure d'exclusion

« On m'a craché dessus et donné des coups dans les jambes. Ca me rend triste. On n'est pas obligé d'être d'accord sur tout mais de là à en venir aux mains et à m'insulter... J'ai le droit d'aimer Marine Le Pen et de militer au Front national. Je ne vois pas où est le problème », a-t-il dit.

Le syndicaliste qui avait annoncé qu'il porterait plainte pour « discrimination politique » contre la CGT, a précisé avoir saisi vendredi le tribunal de Bobigny.

Après la CGT, FO et SUD, la CFDT a annoncé hier avoir engagé une procédure d'exclusion contre un de ses membres, candidat du Front national aux cantonales, également en Moselle, battu au second tour.