Après les promesses de Sarkozy les « garanties » du VRP Besson

Publié le 13/01/2012
Eric Besson a rencontré les syndicats d'ArcelorMittal en Moselle. Après avoir vanté « les engagements de Mittal » en Lorraine, il a annoncé avoir obtenu du groupe des « garanties que le site de Florange ne fermerait pas »
Après les promesses de Sarkozy les « garanties » du VRP Besson
Après les promesses de Sarkozy les « garanties » du VRP Besson
Eric Besson a rencontré les syndicats d'ArcelorMittal en Moselle. Après avoir vanté « les engagements de Mittal » en Lorraine, il a annoncé avoir obtenu du groupe des « garanties que le site de Florange ne fermerait pas »

© L'Est Républicain, Vendredi le 13 Janvier 2012 / Région Lorraine / Besson

 


 

Le ministre de l'Industrie a rencontré les syndicats FO, CGT et CFDT d'ArcelorMittal à huis clos pendant 20 minutes. Photo Alexandre MARCHI

Yutz. Eric Besson, ex-socialiste reconverti à l'UMP et actuel ministre de l'Industrie en visite au Centre de formation des apprentis de l'industrie de Moselle hier, a excellé dans son rôle de VRP du groupe Mittal dont il a vanté les engagements en Lorraine.

En soulignant que « le groupe ArcelorMittal investit 700.000 euros par pour la formation au Cefasim de 80 apprentis dont 11 ingénieurs ». Il a également assuré que les engagements pris par Nicolas Sarkozy et Arcelor à Gandrange « ont été tenus », notamment avec « le reclassement de 571 ouvriers du site de Gandrange ». Le ministre a ajouté que le groupe « avait investi 8,4 millions d'euros dans un Fonds lorrain des matériaux et 3 millions dans une convention de revitalisation » signée entre l'État et Mittal, « toujours en cours de mise en oeuvre ».

« Denier public dévoyéau profit de Mittal »

À la demande du préfet de région, Eric Besson s'est entretenu à huis clos avec les syndicats CGT, FO et CFDT d'ArcelorMittal pendant 20 minutes, avant de se lancer dans la visite du Cefasim. Au terme de cette visite, le ministre a annoncé qu'après négociation avec la direction du groupe ArcelorMittal France, « sur le site de Florange, le groupe a pris des engagements auprès de nous -- Xavier Bertrand et moi-même -- très clairs. [...] L'arrêt du haut-fourneau est temporaire et aucune fermeture définitive du site n'est envisagée. Il nous a dit que le haut-fourneau redémarrera dès lors que la demande mondiale repartira ».

Pour Édouard Martin, de la CFDT, « il n'y a rien eu de nouveau avec cette rencontre. On nous répète les mêmes choses depuis des mois ». Et le syndicaliste de dénoncer la stratégie financière de Mittal. « S'il est vrai que les volumes de commandes ont baissé en Europe, il est faux de dire que Florange n'a pas de commandes. Le site ne perd pas d'argent ! Mais pour optimiser les profits du groupe. Mittal a fermé 10 sites en Europe et décidé de transférer les commandes vers les sites les plus rentables ». Dont celui de Dunkerque, dont les brames d'acier sont aujourd'hui transformées dans ce qui reste d'activité à Florange.

« C'est cela que nous contestons. Car c'est dévoyer le chômage partiel (1,2 MEUR prévu au 1er trimestre 2012, N.D.L.R.). Grâce au denier public, l'État Français va aider Monsieur Mittal à redistribuer plus de dividendes aux actionnaires. C'est intolérable, surtout dans une période où l'état cherche à diminuer la dépense publique ! », a ajouté Édouard Martin.

Besson agite le foulard de la délocalisation

Interrogé par une journaliste sur ce « grand écart » entre le financement public d'un chômage partiel et le déplacement de la fabrication de brames de Florange vers Dunkerque, Eric Besson a justifié sa politique en agitant le foulard de la délocalisation : « Imaginez que l'État n'ait pas accordé le chômage partiel. Je vous laisse deviner quels auraient été les arguments... Lorsque vous êtes en dialogue avec un industriel qui a les moyens de quitter et déménager ».

Quant au redémarrage du haut-fourneau P6 de Florange, condition essentielle à la venue du projet européen de captation de Co2 Ulcos en Moselle, pour lequel la Commission européenne doit rendre une décision au deuxième semestre 2012, selon Alexandre Tott du syndicat FO, « le fait que l'État n'ait pas pu arracher une date de reprise d'activité à Mittal est un aveu d'échec. Avec ou sans Ulcos, avec ou sans Mittal, l'État doit passer à l'action et renationaliser la sidérurgie ».

Stéphanie SCHMITT