ArcelorMittal dans l'attente

Publié le 09/03/2012
Hier matin, un huissier est venu signifier aux sidérurgistes l'ordonnance d'expulsion prononcée la veille par le tribunal correctionnel de Thionville. À 14h30, une délégation était reçue en sous-préfecture pour de nouvelles négociations avec la direction. Elles doivent reprendre en fin de matinée.
ArcelorMittal dans l'attente
ArcelorMittal dans l'attente
Hier matin, un huissier est venu signifier aux sidérurgistes l'ordonnance d'expulsion prononcée la veille par le tribunal correctionnel de Thionville. À 14h30, une délégation était reçue en sous-préfecture pour de nouvelles négociations avec la direction. Elles doivent reprendre en fin de matinée.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 09 Mars 2012 / THI /

 

 

9h30, un huissier vient signifier l'ordonnance d'expulsion prononcée la veille par le tribunal de Thionville. Photos Philippe NEU

 

Les nombreux cars de CRS patientaient à quelques encablures à peine du site Sainte-Agathe. Mais, les forces de l'ordre ne sont pas intervenues hier. Pour autant, les sidérurgistes n'ont pas échappé à la visite d'un huissier de justice qui leur a signifié l'ordonnance d'expulsion. Les salariés d'ArcelorMittal n'ont pas été impressionnés rétorquant d'une même voix : « Nous ne bougerons pas ». Hier, l'esprit de l'intersyndicale avait à nouveau gagné quelques points. Les ardeurs des uns et des autres étaient plus ou moins apaisées. La choucroute de midi, avait mis tout le monde à l'unisson. La perspective de réunion annoncée pour 14h30 en sous-préfecture également, même si la majorité des hommes avaient parié sur des négociations en un temps record. « Ce sera vite, plié, je doute que la direction ait quelque chose à annoncer ». Et les syndicalistes avertissaient qu'ils seraient inflexibles sur trois points : « Une enveloppe chiffrée sur les investissements destinés à pérenniser les filières, le maintien des savoir-faire à Florange et le renouvellement des contrats des sous-traitants ». Au final, la rencontre avec le sous-préfet François Marzorati, Thierry Renaudin, directeur d'ArcelorMittal Florange et les représentants syndicats aura duré plus de quatre heures. Autant de temps pour « n'obtenir aucune avancée » tranche Edouard Martin (CFDT), tandis qu'Yves Fabbri (CGT) dénonçait « un texte soumis par la direction, beaucoup trop vague, qu'il faut soumettre à nos juristes ». Les syndicats ont demandé le temps de la réflexion. La rencontre jouera les prolongations dès 11h30 ce matin. Les mêmes équipes au même endroit. François Pagano, CFE-CGC relativisait en rapportant que la direction assurait « le maintien de l'intégralité des emplois jusqu'en mars 2013, mais regrettait l'absence d'assurances concernant la filière chaude et le packaging ».

Hier soir, au coin du feu, les salariés réfléchissaient sur le texte et à la suite du mouvement. « On ne veut pas tuer nos clients ».

Anne RIMLINGER-PIGNON.