ARCELORMITTAL EN GARE D'EBANGE : SUR LA VOIE DU BLOCUS

Publié le 16/04/2009
Un poste de commande ferroviaire envahi et voilà ArcelorMittal bloqué pour ses approvisionnements et ses livraisons. La CFDT a choisi de frapper fort. Quitte à aller à contresens de la ligne de l'intersyndicale.
ARCELORMITTAL EN GARE D'EBANGE : SUR LA VOIE DU BLOCUS
ARCELORMITTAL EN GARE D'EBANGE : SUR LA VOIE DU BLOCUS
Un poste de commande ferroviaire envahi et voilà ArcelorMittal bloqué pour ses approvisionnements et ses livraisons. La CFDT a choisi de frapper fort. Quitte à aller à contresens de la ligne de l'intersyndicale.

De jour comme de nuit, les militants CFDT ont la ferme intention de maintenir leur « position stratégique» en gare d'Ebange.

Dix minutes et le coup était fait. Dix minutes et la quarantaine de militants CFDT-Arcelor avaient bel et bien pris possession du poste de commande de la gare d’Ebange. Victoire sans résistance, mais victoire importante. «Car d’ici, on bloque tout, se satisfaisait Edouard Martin, le représentant CFDTiste. Mais dans douze jours, les gens seront tous à la maison, alors s’il faut frapper un grand coup, c’est maintenant ! » Il est 16h, les premières palettes s’enflamment sur les voies ferrées internes du site sidérurgique «et c’est parti pour un mouvement à durée indéterminée. Un peu comme l’annonce de l’arrêt des deux hauts-fourneaux : durée indéterminée… »
La détermination, elle, est bien dans l’action. «
On bloque le transit de jour, on dort ici la nuit. Et cela tant que nous n’aurons pas obtenu de réponses à trois interrogations essentielles», promettent les syndicalistes aux chasubles orange. Les contestataires attendront donc en gare d’Ebange qu’on leur dise, primo, la date de reprise de la filière liquide («On ne lance pas mille personnes dans le tunnel du chômage partiel sans leur annoncer clairement sa longueur ! »). Secundo, que soit renégocié le montant des allocations de chômage partiel («80 %, pourquoi pas plus ? »). Et tertio qu’ArcelorMittal s’engage bien à redémarrer les installations de la Fensch sitôt les premiers signes de reprise des marchés en vue. «Car nous craignons de voir sacrifier Florange et les sites continentaux au moment de la reprise alors que si production il doit y avoir, Arcelor pourrait la répartir entre ses différents hauts-fourneaux », revendique Edouard Martin. En attendant, plus un passage ne se fera sur le réseau interne, en provenance de l’extérieur ou à destination des clients. Plus de brames arrivant de Dunkerque, plus de coke y retournant, plus de convois de bobines au départ. Et si le blocus ne touche pas aux lignes SNCF voisines, il se fera vite ressentir sur les différents points du site, en amont côté Fesnch, comme en aval vers l’Orne. «On pense que l’entreprise a en stock de quoi tenir moins d’une semaine. Nous,on peut rester bien plus longtemps… »

Patrick Jacquemot.
Publié le 16/04/2009 - Thionville