ArcelorMittal : la peur du plan social

Publié le 27/06/2012
L'intersyndicale d'ArcelorMittal en appelle au réveil des consciences. La crainte d'un plan social dès l'été est plus que présente.
ArcelorMittal : la peur du plan social
ArcelorMittal : la peur du plan social
L'intersyndicale d'ArcelorMittal en appelle au réveil des consciences. La crainte d'un plan social dès l'été est plus que présente.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 27 Juin 2012 / Région
 

 

Effet de surprise réussi, hier soir, avec le blocage du portier Sainte-Agathe empêchant l'envoi des expéditions. Photo Dominique STEINMETZ

Cinquième mois de lutte et l'impression de prêcher dans le désert. D'un côté parce que Mittal se moque du conflit comme de sa première usine, qui ne le détourne en rien de ses objectifs. De l'autre parce que les salariés de Florange ne réagissent pas, laissant le soin à la poignée de syndicalistes de mener le combat à leur place. En assemblée générale des salariés, hier soir, devant quelque deux cents hommes, après un comité d'entreprise et un comité d'entreprise extraordinaire en matinée qui a entériné, dans une ambiance calme et aussi sereine que possible, la marche ou plutôt non-marche des installations, l'intersyndicale CFDT-CGT-FO a exhorté les hommes à « réveiller les consciences ».

Chacun à leur manière, les leader syndicaux ont souligné combien l'avenir de Florange est menacé. La mission gouvernementale commanditée par l'Élysée n'est pas faite pour les rassurer. Les auditions ont commencé, côté dirigeants et côté syndicats, et certains subodorent que les dés sont déjà jetés. La prise en compte dans les différents scénarios de la fermeture de la filière liquide n'augure rien de bon. « Cette mission, ça peut être le meilleur comme le pire ».

« Certains pensaient que nous allions passer de la bataille syndicale à la bataille politique, mais non ! Ce sont ces deux leviers qu'il faut continuer d'actionner. N'oubliez pas que la commission d'enquête cherche à mesurer l'impact social du mécontentement. » Mais pour l'heure le mécontentement ne s'exprime guère... « Certains ont peur, d'autres croient qu'ils seront reclassés. Mais qu'ils ne se fassent pas d'illusions: de reclassement, il n'y aura plus. Tous les sites sont saturés. Au Luxembourg, deux usines ont fermé et 600 hommes sont encore dans les cellules de reclassement payées par le gouvernement. »

L'action de bloquer le portier Sainte-Agathe, dès hier soir, ressemble presque dans ces conditions à un baroud d'honneur. « Avez-vous compris que Mittal a décidé de tirer un trait sur Florange, interpelle l'intersyndicale ? Mittal a mis 24 MEUR dans les JO, investi 4,5 mds$ dans les mines et rien pour la sidérurgie. Que croyez-vous ? » Les syndicats craignent la mise en place d'un plan social dès cet été. Seule la demande d'une expertise en CE, hier matin, aurait peut-être pu bloquer la drôle de marche en avant de Mittal.

Laurence SCHMITT.