ArcelorMittal : le combat continue

Publié le 13/03/2012
C'était l'heure du rendez-vous. L'heure des comptes. Hier soir, à La Passerelle, à Florange, l'assemblée générale de l'intersyndicale a réuni quelque 500 personnes.
ArcelorMittal : le combat continue
ArcelorMittal : le combat continue
C'était l'heure du rendez-vous. L'heure des comptes. Hier soir, à La Passerelle, à Florange, l'assemblée générale de l'intersyndicale a réuni quelque 500 personnes.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 13 Mars 2012 / Région /

 

 

 

Sur la scène de la salle de spectacle, les drapeaux de la CFDT, de la CGT, et de FO sont déployés. Exit celui de la CFE-CFTC. Les troupes sont moins nombreuses que lors de la première assemblée générale, mais elles sont unanimes pour poursuivre le mouvement.

« Aujourd'hui, on se bat pour tout Florange car personne ne sera épargné si la filière s'arrête », interpelle le représentant de Force ouvrière, Walter Broccoli. « Notre détermination n'a pas faibli, elle ne faiblira pas, relance Yves Fabbri de la CGT. « Parce que nous pensons que la sidérurgie doit être réfléchie dans le cadre des besoins de notre pays. Les nations développées ont besoin d'acier. » Le combat continue, « car nous craignons une mort programmée, a renchéri Édouard Martin.

L'heure était également au bilan. Trois semaines de lutte, trois semaines d'action. Parfois très discutées. « Est-ce la bonne stratégie de bloquer les expéditions ? On peut en débattre, admet Edouard Martin, mais il ne faut toutefois pas se tromper. Nous ne sommes pas des écervelés. M. Renaudin n'est qu'un facteur de consignes, qui culpabilise les syndicats. »

La vallée doit vivre

Dans la salle, les hommes écoutent. Le visage grave. D'aucuns se demandent pourquoi il n'y a pas d'appel à la grève générale.

Les syndicalistes répondent à l'unisson : « Les sidérurgistes perdent trop d'argent, on ne peut leur en demander plus. » Ils savent que la bataille risque d'être longue et ménagent leurs cartouches. Ils espèrent toutefois rallier encore plus de monde. « On vous demande simplement d'être là. De venir partager un repas. On a une carte variée », plaisante Édouard Martin.

Derrière eux, les hommes politiques assurent également leur soutien. « Nous sommes fiers de vous. Votre lutte est exemplaire, salue Philippe Tarillon. Elle est importante et elle doit continuer, pour la filière chaude, pour le packaging, pour permettre à Florange et à notre vallée de vivre. »

Hier encore, la journée était longue. Les syndicalistes s'étaient rendus le matin même au comité d'entreprise extraordinaire. « La direction est incapable de nous garantir que dans un an, tout ou une partie de l'usine existera encore », rage Frédéric Weber (CFDT). « On est tous d'accord pour s'opposer au prolongement de l'arrêt de la filière liquide et du packaging au 2e semestre », s'élève encore Jean Mangin (CGT). Pour ces raisons, les représentants FO, CFDT et CGT ont quitté le comité. Laissant la CFE-CGC face à la direction. « Nous sommes toujours dans une démarche de négociations avec les pouvoirs publics et le groupe, assure François Pagano, pour tenter d'obtenir des garanties pour l'avenir du site ». La finalité est identique à celle de l'intersyndicale, mais les conceptions sont différentes.

Hier soir, à La Passerelle, le message était clair. Les actions vont se poursuivre. Sous des formes différentes. Mais personne ne pouvait évaluer le nombre de combattants qui monteraient encore longtemps au front.

Anne RIMLINGER-PIGNON