ArcelorMittal : le coup de semonce

Publié le 30/01/2010
Cinq syndicats se sont mobilisés hier pour aviser les employés de la situation d'ArcelorMittal telle qu'il la ressente. Information forcée puisque, par trois fois, les points essentiels des sites ont été bloqués, le temps d'une communication. « Pas une grève, juste une mise en garde », nuancent les syndicats...
ArcelorMittal : le coup de semonce
ArcelorMittal : le coup de semonce
Cinq syndicats se sont mobilisés hier pour aviser les employés de la situation d'ArcelorMittal telle qu'il la ressente. Information forcée puisque, par trois fois, les points essentiels des sites ont été bloqués, le temps d'une communication. « Pas une grève, juste une mise en garde », nuancent les syndicats...

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 30 Janvier 2010. / Thionville / Actualité

Les accès aux sites d'ArcelorMittal ont été bloqués, le temps d'une information par les syndicats aux salariés.

Ca n'est pas une grève. Ca n'est pas non plus une journée normale. Sur les sites d'ArcelorMittal de Sainte-Agathe comme celui de l'usine à chaud ou des grands bureaux à Florange, à 5h, 8h30 et 13h des véhicules, souvent aux couleurs syndicales, barraient l'entrée des lieux. « C'est tout simplement un avertissement à la direction générale. Pour montrer que les gens sont mobilisés. Mais on ne voulait pas une vraie grève, pour ne pas faire perdre d'argent aux salariés » : voilà ce qu'explique Patrick Auzanneau, de la CFDT. Avec ses camarades de la CFE-CGC, de la CGT, de la CFTC et de FO, ils organisent le coup du jour. A savoir, bloquer l'entrée des sites pendant une heure environ, le temps que les employés soient avisés de la situation telle que vue par l'intersyndicale. « C'est une mise en garde, en attendant de savoir ce qui est décidé à Paris… ».

Sur le toit d'une camionnette orange et sous la neige, les représentants syndicaux se sont succédé au micro, expliquant que lorsqu'il y a des profits, les actionnaires ne doivent pas être les seuls à en profiter. « Il faut aussi un retour vers les salariés : une augmentation générale et individuelle à la compétence. Parce que, justement, beaucoup de compétences ont été prises en plus par les ouvriers mais les rémunérations n'ont pas suivi. »
C'est une des inquiétudes des syndicats : « Le P3 va redémarrer en février, mais il n'est pas certain qu'on soit à jour en termes d'effectifs et de compétences, vu le nombre de départs volontaires qu'il y a eu chez les 58-60 ans qui étaient à des postes clés ». Lui, déplore que l'on n'ait pas mis à profit la vacance liée à la crise pour « former des gens sur la théorie, et en utilisant certains outils qui pouvaient encore fonctionner ».D'ailleurs, « la formation des intérimaires est en cours », explique Didier Coletti, également de la CFDT. La ligne Elza redémarre fin février, le couplage Saint-Agathe « va passer de quatre à cinq équipes », les cinq cages « de trois à quatre équipes », le train chaud repasse à « cinq équipes 21 postes : depuis la crise, ils ne travaillaient plus les samedis et dimanches ». La crise, donc, serait derrière ? « Non. Là c'est une embellie mais il faut voir si ça perdure. » L'heure n'est plus autant à l'inquiétude, comme ces longs derniers mois, qu'à une soif d'équité : « Une année sans augmentations, ça suffit !, peste Bernard Porquedu, délégué FO. Tous les autres sites européens ont eu des augmentations, c'est notre tour ! Maintenant, il faut partager le gâteau ! ».

Les syndicats devaient apprendre en fin de journée dans quelle mesure ce voeu avait été entendu : les négociations à Paris avaient commencé à 14h. Lundi matin, une réunion de l'intersyndicale déterminera s'il y a lieu ou non, selon eux, de passer à un mouvement plus radical. Tous, en tout cas, l'assurent : « On voulait être en contact avec les employés, voir leur état d'esprit. Eh bien, même si depuis 2008 c'est très dur, une très grande majorité sera prête à faire grève s'il le faut… ».


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