ArcelorMittal : le packaging touché après la filière liquide

Publié le 10/11/2011
La direction d'ArcelorMittal Florange a annoncé, hier aux syndicats, la poursuite, au premier trimestre prochain, de l'arrêt de la filière liquide et la mise à l'arrêt temporaire de l'étamage 2 sur packaging.
ArcelorMittal : le packaging touché après la filière liquide
ArcelorMittal : le packaging touché après la filière liquide
La direction d'ArcelorMittal Florange a annoncé, hier aux syndicats, la poursuite, au premier trimestre prochain, de l'arrêt de la filière liquide et la mise à l'arrêt temporaire de l'étamage 2 sur packaging.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 10 Novembre 2011 / Région /

 

 

L'usine à chaud ArcelorMittal de Florange ne redémarrera pas au premier trimestre prochain,la ligne d'étamage 2 du packaging est, elle aussi, mise à l'arrêt. L'espoir s'amenuise et se concentre maintenant sur le deuxième trimestre 2012. Photo archives RL/Pierre HECKLER

Voilà ce qu'on appelle du temporaire qui dure. Et même du temporaire qui vient s'ajouter au temporaire... Autant dire que pas une organisation syndicale, hier, n'est sortie rassurée du rendez-vous avec le directeur du site ArcelorMittal de Florange, Thierry Renaudin.

Lundi dernier (lire RL du 8 novembre), les quatre centrales syndicales CGC, FO, CGT et CFDT avaient été reçues par le directeur sur la question de l'apport de brames supplémentaires depuis Dunkerque. Hier, c'est une à une que Thierry Renaudin a reçu les mêmes délégations afin de les informer officiellement du devenir « temporaire » de l'usine sidérurgique de Florange au 1er janvier 2012.

Première confirmation : l a prolongation de l'arrêt de la filière liquide au premier trimestre. Ça, tout le monde s'y attendait. Mais, ce qui crispe les hommes, c'est l'incertitude qui plane sur le trimestre suivant. « Si on ne recommence pas en avril, c'est fini, » s'alarme Walter Broccoli, pour FO. Jean Mangin, pour la CGT, est sur la même longueur d'onde avec le bémol du jour : « Faut-il croire les propos de Besson - rapportés dans notre édition d'hier - qui dit avoir rencontré Mittal et parle d'un redémarrage au premier semestre ? »

Deuxième confirmation : le packaging va mal, très mal. 50 % du carnet de commandes ont été perdus ces dernières semaines et là encore, l'annonce de la mise à l'arrêt « temporaire » de la ligne d'Etamage 2 - préparation du fer-blanc pour boissons et conserves - n'étonne personne. Pourtant, à Florange, beaucoup se souviennent du temps pas si lointain où l'on parlait de construire une ligne flambant neuve. Depuis, Mittal a clairement signifié qu'il y avait une usine de packaging de trop en Europe. Liège ayant déjà perdu ses hauts-fourneaux, il y a de fortes chances pour qu'on n'aille pas encore rogner sa filière packaging.

Au 1er juillet, la hausse de 18 % sur les produits finis a considérablement impacté les commandes. « Le report s'est fait sur la Chine, commente Walter Broccoli. En Allemagne, ils n'ont pas augmenté les coûts. Ils ont fait le choix de privilégier les commandes ! »

Troisième confirmation : la demande de chômage partiel. Avec l'arrêt de la ligne étamage 2, ce sont quarante à cinquante salariés qui vont grossir les rangs des six cents hommes déjà touchés par l'arrêt de la filière à chaud. Le groupe a fait une demande de chômage partiel (APLD) aux pouvoirs publics pour le premier trimestre 2012. Problème, la fameuse convention APLD qui permettait l'indemnisation à 90 % des salariés impactés est censée s'arrêter à la fin de l'année. FO et la CGC demandent sa reconduction. La CGT et la CFDT dénoncent « l'utilisation de l'argent des contribuables alors que Mittal engrange les bénéfices ».

Quatrième confirmation : le ballet des mauvaises nouvelles n'est pas fini. Demain, un comité de groupe européen est programmé. D'autres mesures concernant le Luxembourg, la Belgique, l'Espagne pourraient être annoncées. Le comité central européen aura lieu le 23 novembre. Un CE extraordinaire à Florange est à prévoir début décembre.

Laurence SCHMITT.