ArcelorMittal : les militants accusent le coup

Publié le 28/09/2012
Les ténors syndicaux appellent à la poursuite de la lutte. Les militants accusent le coup et parlent, entre eux, de trahison gouvernementale. Mais la base ne semble toujours pas prête à rejoindre les troupes.
ArcelorMittal : les militants accusent le coup
ArcelorMittal : les militants accusent le coup
Les ténors syndicaux appellent à la poursuite de la lutte. Les militants accusent le coup et parlent, entre eux, de trahison gouvernementale. Mais la base ne semble toujours pas prête à rejoindre les troupes.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 28 Septembre 2012 / IG /

C'est mort.

- Non, faut pas dire ça.

- C'est pas ce que je voulais dire. Non. Il nous endort. »

La lutte pour le redémarrage des hauts-fourneaux, ils ne veulent pas la lâcher. C'est peut-être bien ça, le point d'achoppement entre la base, qui semble avoir déjà accepté la mort de la filière liquide, et ces militants CGT, CFDT et FO qui veulent continuer à y croire. Coûte que coûte.

Hier pourtant, Arnaud Montebourg a préparé le terrain : « Nous souhaitons le redémarrage des deux hauts-fourneaux. Mittal ne partage pas notre opinion. » En deux phrases, le peu d'espoir qui restait, s'évapore.

« On est très loin des attentes. Le gouvernement ne prend pas ses responsabilités », enragent les militants CGT.

D'autres haussent les épaules. « Plus de trente ans de militantisme, vous savez. A quoi vous attendiez-vous ? » Des anciens hissent haut le drapeau syndical : « 1979, moi j'y étais. C'est sûr, on est moins nombreux... ». Moins nombreux, moins violents aussi.

Pour autant, les hommes ne veulent pas entendre parler de fatalité. Incroyable même cette force qu'ils continuent à déployer. Quatorze mois que l'intersyndicale a été créée. Des semaines et des semaines à imaginer des actions censées gêner, mais ne pas détruire, ne pas nuire à ceux qui travaillent encore dans l'usine.

Montebourg qui les endort, ils le craignent sincèrement. « Demain, les hauts-fourneaux ferment. On nous dit qu'on cherche un repreneur, et après, s'il n'y a pas de repreneur ? », s'inquiète Alain.

Ils - la CFDT surtout - ont demandé la loi imposant le principe de reprise à toute entreprise viable qu'on voudrait fermer. Elle est là, prête sur le bureau de Montebourg. Et après ?

Eux, ceux qui luttent, parlent de l'usine intégrée, d'une chaîne discontinue qui va de la fabrication de la fonte aux tôles haut de gamme pour automobile ou simples boîtes de conserve. Et là, au mieux, c'est la perspective d'une usine scindée en deux qu'on leur fait entrevoir. « Si on démontre à ce bandit que d'autres solutions existent, ce sera notre victoire, » tente de rassurer Edouard Martin (CFDT).

Mais côté FO et CGT, on traîne des pieds, « cette histoire de repreneur, c'est bidon ». Walter Broccoli claironne : « Faut l'usine au complet. Le gouvernement doit se réveiller. Il doit réquisitionner tous les sites sidérurgiques français. » Loin des grandes phrases, Céline craque. Femme de métallo, mère de trois enfants, elle a été de toutes les batailles ou presque. Les larmes tombent. Comme le couperet sur les hauts-fourneaux. « J'espérais rien de la venue de Montebourg. Mais là, le peu d'espoir qu'on avait est tombé. Je craque »

L. S.