ArcelorMittal mise sur Orbit à Londres

Publié le 22/05/2012
ArcelorMittal a investi 24,4 m EUR dans Orbit, la tour en acier, symbole des JO de Londres. De quoi choquer les sidérurgistes lorrains.
ArcelorMittal mise sur Orbit à Londres
ArcelorMittal mise sur Orbit à Londres
ArcelorMittal a investi 24,4 m EUR dans Orbit, la tour en acier, symbole des JO de Londres. De quoi choquer les sidérurgistes lorrains.

Le Républicain Lorrain, Mardi le 22 Mai 2012 / Région /
 

 

 

La tour Orbit d'ArcelorMittal sur le parc olympique de Londres.

Elle va symboliser du haut de ses 114,50 m et de ses 2 200 tonnes d'acier, les prochains Jeux olympiques de Londres. Cette tour baptisée Orbit, créée par le sculpteur indien Anish Kapoor avec le concours de l'architecte Cecil Balmond, et que les Londoniens appellent « Tour Eiffel ivre » ou « trombone mutant », a été financée par ArcelorMittal à hauteur de 24,4 MEUR. La capitale britannique n'y ajoutant que 3,8 MEUR. Et Laksmi Mittal ne cache pas sa satisfaction.« J'éprouve une grande fierté à l'idée qu'ArcelorMittal, en tant que sponsor de niveau 2 des Jeux olympiques, va jouer un rôle clé pour que la ville conserve une trace des Jeux avec la construction de l'Orbit », dit-il dans un entretien paru dans Flydoscope le magazine de Luxair. Une tour fabriquée avec de l'acier produit dans les unités européennes du géant industriel.
L'intersyndicalea écrit au CIO

C'est au cours d'une rencontre avec le maire de Londres, Boris Johnson, au Forum économique de Davos en 2009, que l'élu a suggéré à Mittal d'ériger une oeuvre d'art publique sur le site olympique. « J'y ai totalement adhéré car c'était l'occasion de montrer au monde la qualité exceptionnelle de notre acier », ajoute Laksmi Mittal, visiblement soucieux de l'image que peut donner son entreprise. Mieux, cette réalisation offre à la famille Mittal la possibilité de porter la flamme olympique, le 27 juin, à la veille de l'ouverture officielle. Avec son fils Aditya, il portera la flamme quelques instants dans les rues de la capitale où la famille Mittal a élu domicile depuis 1997. Mais l'histoire présentée ainsi ne fait pas du tout sourire du côté de Florange. « Vous imaginez Mittal incarner les valeurs de l'olympisme ? Ceux qui tiennent la flamme sont des sportifs, des gens porteurs de valeurs d'humanisme. Avec cette tour, il s'est acheté le droit de porter la flamme. Ici ça nous a choqués », s'insurge Fréderic Weber, porte-parole de l'intersydicale CFDT-CGT-FO de Florange. A tel point que l'intersyndicale a écrit une lettre au président du Comité international olympique, le Belge Jacques Rogge, interpeller. Elle attend toujours sa réponse. Mais, c'est le montant de l'engagement de près de 25 MEUR dans cette tour qui fait le plus réagir à Florange. « Et dans le même temps, il met ses usines au ralenti en Europe. Compte tenu de la crise, il aurait pu mettre son argent ailleurs. Là, il soigne surtout son image personnelle. L'événement de l'année pour les sidérurgistes, ce n'est pas les JO mais les fermetures d'usine dans le groupe », dénonce le syndicaliste. « Ce qu'il fait de son argent me laisse indifférent. Si pour lui, c'est important pour son image en Angleterre de construire cette tour, qu'importe. Pour nous, c'est qu'il investisse dans ses usines en Europe. S'il est si sensible que ça à son image, qu'il fasse Ulcos », réagit, pour sa part, Xavier Lecoq de la CFE/CGC. En attendant, la nouvelle tour olympique de Londres, dont le maître d'ouvrage délégué est le Talangeois Pierre Engel, un ancien d'Arcelor, ouvrira au public le 29 mai.

« Cette tour s'appelle ArcelorMittal Orbit. Elle porte l'image de l'acier. Une image très forte qui suscite curiosité et engouement », selon Pierre Engel.