ArcelorMittal n'a « pas besoin » de Florange

Publié le 09/05/2012
Nouvelle déception pour les métallos de Florange qui ont appris hier à Luxembourg que leurs hauts fourneaux ne redémarreraient pas au 3e trimestre 2012.
ArcelorMittal n'a « pas besoin » de Florange
ArcelorMittal n'a « pas besoin » de Florange
Nouvelle déception pour les métallos de Florange qui ont appris hier à Luxembourg que leurs hauts fourneaux ne redémarreraient pas au 3e trimestre 2012.

© L'Est Républicain, Mercredi le 09 Mai 2012 / Ouverture Région Lorraine

 

 

Lakshmi Mittal n'a pas daigné rencontrer les métallos de Florange à Luxembourg.

«Aujourd'hui nous avons assez de capacités de production dans le groupe sans avoir besoin d'utiliser Florange », a déclaré Lakshmi Mittal à Luxembourg hier, lors de l'assemblée générale des actionnaires d'ArcelorMittal qui se tenait au siège du leader mondial de l'acier.

Alors que la veille, Anne Grommerch, députée UMP de Thionville annonçait dans la presse locale que les hauts-fourneaux de Florange allaient redémarrer dès le 3e trimestre, faisant naître de faux espoirs chez les métallos de Florange, la déception n'a été que plus grande quand hier, lors de l'assemblée générale des actionnaires d'ArcelorMittal à Luxembourg. En présence de Lakshmi Mittal, la direction a fermement démenti cette les annonces de la députée de Thionville.

Il n'y a aucune bonne nouvelle

Ils étaient un peu plus d'une centaine de métallos de Florange à s'être déplacés jusqu'à la place des Martyrs à Luxembourg, bien décidés à être reçus par la direction du groupe pour obtenir des réponses aux questions que se posent les 3.000 salariés de l'usine depuis la fermeture des deux derniers hauts fourneaux de Lorraine en juin et octobre.

Plantés avec leurs drapeaux face au château de Mittal, ils ont patienté plus de deux heures, gentiment mais bruyamment... au son de « Mittal laisse nous travailler, l'usine elle est à nous ». Vers midi une délégation de six représentants syndicaux sera finalement reçue par deux représentants de la direction du groupe, dont Henri Blaffart vice président de Flat Carbone Europe et ancien DG de l'usine de Florange. A l'entrée du « château » de Mittal, les syndicalistes sont fouillés au corps. « On nous fouille comme des voyous, alors que les voyous sont à l'intérieur », ricane Walter Broccoli, leader du mouvement chez FO.

Trentre-cinq minutes plus tard, ils ressortent les mines déconfites.

« Le haut fourneau n'est pas prêt de redémarrer. Surtout pas dans l'immédiat, ni à moyen terme. Au niveau de la filière packaging, il n'y a aucune bonne nouvelle non-plus », lâche Walter Broccoli dépité. Bronca devant le siège de Mittal, c'est la douche froide. Yves Fabbri de la CGT s'empare du porte-voix : « La direction reste sur ses positions. La filière liquide reste à l'arrêt. Nous avons dénoncé cette politique industrielle qui casse, qui démantèle, qui délocalise la production d'acier vers d'autres continents » a-t-il déploré.

Pour Jean-Marc Décrin de la CFDT, si les fourneaux ne redémarrent pas au 3e trimestre, « ils ne redémarreront probablement pas non-plus cette année ». La direction d'ArcelorMittal a toutefois fait savoir par son directeur financier Aditya Mittal qu'elle « prendrait une décision pendant l'été sur l'avenir de Florange ».

Désormais, les salariés regardent vers l'Elysée et la date du 15 mai.

« François Hollande doit prendre la mesure de la situation. C'est aujourd'hui bien au-delà de Florange, tout l'acier européen qui est menacé », ajoute Jean-Marc Décrin.

De rage, la centaine de métallos a bloqué quelques minutes la circulation aux abords de la gare de Luxembourg. « Mittal nous prend la vie ! » hurlaient les métallos qui sont repartis la rage au ventre vers Florange.

Stéphanie SCHMITT