ARCELORMITTAL : NEUF TONNES DE METAUX DISPARAISSENT

Publié le 23/01/2009
Après avoir fermé le site de Gandrange durant un mois, pour les fêtes de fin d'année, les responsables d' ArcelorMittal ont découvert, il y a quelques jours, qu'il manque plus de neuf tonnes dans leurs marchandises. Une enquête est ouverte.
ARCELORMITTAL : NEUF TONNES DE METAUX DISPARAISSENT
ARCELORMITTAL : NEUF TONNES DE METAUX DISPARAISSENT
Après avoir fermé le site de Gandrange durant un mois, pour les fêtes de fin d'année, les responsables d' ArcelorMittal ont découvert, il y a quelques jours, qu'il manque plus de neuf tonnes dans leurs marchandises. Une enquête est ouverte.

Deux hommes étaient tombés, il y a deux ans, pour une affaire de vols de matières premières sur le site de Florange. Aujourd’hui, Gandrange est touché à son tour. La mauvaise surprise pour ArcelorMittal est survenue après une pause d’un mois dans l’activité, durant les fêtes de fin d’année. Une analyse poussée des stocks de marchandises a laissé apparaître un trou de 9,3 tonnes de ferromolybdène. Une matière semi-précieuse et rare, donc particulièrement onéreuse. Le préjudice s’élève à environ 554 000 €.
Le ferromolybdène est un alliage de minerais précieux et de fonte. «
Ça rend l’acier plus dur et surtout inoxydable. » Cet ouvrier de l’aciérie de Gandrange, condamnée d’ici quelques mois, raconte encore que seuls des spécialistes peuvent reconnaître cet acier particulier. «Il y a quelques années, je ne pouvais pas faire la différence entre de la vulgaire ferraille et ce genre de matière. Il faut connaître, c’est sûr. » Un principe qui guide les enquêteurs de la brigade de Fameck, saisie de l’affaire depuis la plainte pour vol déposée par la multinationale. Les gendarmes explorent plusieurs pistes mais ils auraient une petite préférence pour celle menant à une complicité interne et à un écoulement de la marchandise vers l’étranger. «Les débouchés existent avant même le vol. Les acheteurs de ce genre de matériaux sont très nombreux sur le marché parallèle », indique un homme de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante, spécialisé dans ce genre d’affaires.

Un mois pour agir
Selon les constatations établies sur place, les auteurs du vol savaient exactement où chercher leur butin et comment faire fonctionner certaines machines, notamment un tapis roulant, afin de se faciliter la tâche. On ignore toutefois comment ils ont quitté les lieux. «Le problème, c’est qu’on ne sait pas du tout quand le vol a été commis, glisse une source. Les auteurs avaient un mois. »
Durant cette période de vacances forcées, l’usine est restée surveillée mais «
le site de Gandrange s’étend sur plus d’un kilomètre, prévient Edouard Martin (CFDT). A beaucoup d’endroits, il n’y a que des grillages. Ce n’est pas compliqué de rentrer et de sortir. En plus, les vigiles sont de moins en moins nombreux. Après l’annonce de la fermeture, quelques-uns ont été transférés à Florange. Ici, on a clairement baissé la garde. Alors les vols se multiplient. Les sidérurgistes savent bien qu’ils représentent des cibles de choix. Il n’y a qu’à Gandrange, que Mittal ne réagit pas en mettant des caméras ou quelque chose comme ça. » La direction de l'aciérie de Gandrange, contactée hier, n'a souhaité faire aucun commentaire sur cette affaire.
Kevin GRETHEN.
Publié le 23/01/2009