ArcelorMittal : nouvelle fermeture en vue à Madrid

Publié le 24/01/2012
Social : un comité d'entreprise européen extraordinaire se tient aujourd'hui, à Luxembourg
ArcelorMittal : nouvelle fermeture en vue à Madrid
ArcelorMittal : nouvelle fermeture en vue à Madrid
Social : un comité d'entreprise européen extraordinaire se tient aujourd'hui, à Luxembourg

© L'Est Républicain, Mardi le 24 Janvier 2012 / Région Lorraine

 

Le haut-fourneau d'ArcelorMittal à Hayange.

Photo Alexandre MARCHI

Luxembourg. Le groupe sidérurgique ArcelorMittal a convoqué, ce mardi à Luxembourg, un comité d'entreprise européen extraordinaire pour annoncer la fermeture de son aciérie de Madrid, a indiqué hier Édouard Martin, représentant de la CFDT à ArcelorMittal. Selon lui, l'usine de Madrid serait fermée, sans pour autant annoncer un arrêt définitif de l'outil industriel. « C'est la méthode du groupe ArcelorMittal de démanteler des sites sans avoir à débourser des fonds pour dépolluer les terrains », a-t-il déploré.

Le site de Schifflange menacé ?

En effet, pour l'heure, la direction du groupe reste ambiguë. ArcelorMittal Espagne « envisage de prolonger pour une période indéfinie l'arrêt du four électrique et de la production d'acier associée sur son site de Villaverde (Madrid) », selon un communiqué de la direction. Le mot « fermeture » n'est pas prononcé. Il n'empêche que d'ores et déjà le groupe assure être « en mesure d'offrir à chacun des employés un autre emploi au sein du groupe en Espagne ».

L'aciérie espagnole, à l'arrêt depuis plusieurs mois, emploie 325 personnes. Le site de Villaverde devrait conserver une centaine de salariés sur des activités notamment de logistique et de distribution. La raison évoquée pour ce nouvel arrêt est, sans surprise, l'état de la demande. « Ce ne sera pas un arrêt complet de l'usine dans son ensemble », a précisé une porte-parole.

Très en amont de la chaîne industrielle, la sidérurgie subit généralement en premier et de plein fouet tout ralentissement économique. Depuis l'été et la montée en puissance de la crise de la dette, la demande d'acier a nettement ralenti et la direction d'ArcelorMittal a réagi au quart de tour, comme elle l'avait fait en 2009, en mettant en veille des hauts fourneaux européens pour faire tourner en priorité les plus compétitifs, dont ceux de Fos-sur-Mer et de Dunkerque. Le groupe prévoit d'économiser ainsi un milliard de dollars.

Pour sa part, le représentant de la CFDT craint que cette annonce de fermeture de l'aciérie espagnole ne marque le point de départ d'une restructuration des produits longs du groupe en Europe. Les inquiétudes des salariés sont montées d'un cran en octobre quand la décision a été prise de fermer définitivement deux hauts fourneaux à Liège, en Belgique. Dénonçant la stratégie d'ArcelorMittal d'isoler les annonces de fermeture de ses usines en Europe, Édouard Martin craint que le groupe ne s'arrête pas à Liège et Madrid. Selon lui, le prochain site concerné pourrait être celui de Schifflange au Luxembourg, à l'arrêt depuis octobre. Le site français de Florange (Moselle) concentre aussi les craintes, avec ses deux hauts fourneaux fermés depuis des mois.

Satisfaction des investisseurs

« ArcelorMittal Florange est temporairement mis en veille jusqu'à ce que la situation de la demande mondiale soutienne un redémarrage », a répété une porte-parole du groupe hier. L'une des chances de ce site, l'un des derniers restes de la sidérurgie lorraine, réside dans un projet pilote -- encore hypothétique -- de captage-stockage de CO2, le premier sur une aciérie.

Du côté des investisseurs, toujours dans l'attente d'une compétitivité renforcée signe d'une meilleure rentabilité, la restructuration du réseau industriel européen d'ArcelorMittal est bien perçue. « Nous aimons la démarche du management de réduire ses capacités et de restructurer les opérations en Europe. [...] Nous pensons que la direction travaille encore sur des plans de réduction de 15 % des capacités en Europe », écrivaient il y a quelques jours les analystes de Deutsche Bank dans une note