ArcelorMittal : on reprend tout depuis le début

Publié le 14/03/2012
Les syndicalistes ont été mandatés pour reconduire le mouvement de défense du site ArcelorMittal de Florange. Hier, ils ont une nouvelle fois bloqué les grands bureaux de Florange, avant de se rendre à Paris demain.
ArcelorMittal : on reprend tout depuis le début
ArcelorMittal : on reprend tout depuis le début
Les syndicalistes ont été mandatés pour reconduire le mouvement de défense du site ArcelorMittal de Florange. Hier, ils ont une nouvelle fois bloqué les grands bureaux de Florange, avant de se rendre à Paris demain.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 14 Mars 2012 / Région /

 

 

Les salariés voulaient discuter avec Thierry Renaudin, ils ont finalement échangé avec Claude Seywert, « le patron » du train à froid. Photo Pierre HECKLER

Sur le trottoir, face aux grands bureaux, les salariés d'ArcelorMittal boivent un bol de soupe et discutent. Ils ne peuvent accéder à leur lieu de travail, mais ne manifestent aucun mouvement d'humeur. Au contraire. « Nous sommes entre pessimisme et écoeurement », commente l'un d'entre eux. Eliane affirme son défaitisme. « Pour moi, ça ferme en 2013. C'est pourquoi nous sommes solidaires, mais c'est mal vu par les chefs. On subit une pression tous les jours. » Hier matin, il y avait ceux, à l'instar de Daniel, qui partageaient le même sentiment que « les syndicalistes et qui prédisaient que l'avenir de Florange était très compromis » et ceux qui se contentaient d'un signe de tête en guise de silence.

À Florange, devant les grands bureaux, l'intersyndicale (CFDT-FO-CGT) a entamé sa quatrième semaine d'action. On prend les mêmes et on recommence, ils ont bloqué l'accès aux grands bureaux avant de se rendre dans les services pour discuter avec les salariés. C'est certain, les syndicalistes cherchent à rallier les troupes. Et pour demain, l'intersyndicale a déjà affrété trois bus pour se rendre à Paris. « Nous espérons rencontrer le candidat Sarkozy dans son QG de campagne. »

Bousculade

Aux aurores, l'ambiance était bonne enfant. Soupe chaude, musique à fond et feu de bois. Mais dans la matinée, elle s'est vivement échauffée lorsque les militants ont souhaité se rendre auprès de Thierry Renaudin, le directeur du site. Les vigiles se sont interposés. Le ton est quelque peu monté, vite apaisé toutefois. Finalement, les militants ont attendu qu'un responsable veuille bien leur parler. Michel Liebgott, au coeur de l'événement, regrette ce changement d'esprit des dirigeants d'ArcelorMittal. « Avant, on rencontrait souvent Blafard. Aujourd'hui, il n'y a plus d'échange, ou alors c'est le signe de la préfermeture ? »

Finalement, Thierry Renaudin ne se présentera pas, peu désireux « de faire le cirque devant les caméras », rapportera encore le député de la 10e circonscription. Il enverra toutefois « le patron » du train à froid, Claude Seywert. Les salariés ont échangé, tenté d'obtenir des certitudes quant à leur avenir et à celui de l'usine. Claude Seywert s'est voulu rassurant. « Un groupe de travail s'est constitué pour instruire le dossier technique concernant les 17 MEUR ». Précisant toutefois que « le dossier packaging dépassait le site florangeois ». Rien de bien neuf certes, mais les militants ont apprécié cette rencontre apaisante pour les esprits.

Anne RIMLINGER-PIGNON.