ArcelorMittal ouvre le printemps de l'industrie

Publié le 20/03/2012
Ce 20 mars, jour de printemps, marque le début de la cinquième semaine de combat des métallos florangeois. Une lutte résolument active.
ArcelorMittal ouvre le printemps de l'industrie
ArcelorMittal ouvre le printemps de l'industrie
Ce 20 mars, jour de printemps, marque le début de la cinquième semaine de combat des métallos florangeois. Une lutte résolument active.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 20 Mars 2012 / Région /

 

 

Photo Pierre HECKLER

L'entretien prévu entre Nicolas Sarkozy et la CFE-CGC s'est tenu, hier, avec

le secrétaire général de l'Élysée. Du côté de l'intersyndicale, Paris... s'éveille.

La CFE-CGC est revenue de la capitale, un tantinet sidérée. L'intersyndicale repartira bientôt pour Paris, avec une idée... sidérante.

« Compliqué », paraît-il, le dossier ArcelorMittal Florange. C'est tout du moins ce qu'a plus que laissé entendre, hier, le secrétaire général de l'Elysée, Xavier Musca, à Xavier Le Coq, président de la CFE-CGC sidérurgie, représentant notamment les cadres du site mosellan. Face au syndicaliste et Vincent Loizeau, membre du bureau de la fédération, un conseiller à l'industrie et à l'énergie de Nicolas Sarkozy, la directrice du cabinet de Xavier Bertrand et un représentant d'Eric Besson, à l'unisson. « La direction du groupe Arcelor a du mal à accepter qu'un gouvernement s'immisce dans les choix de l'entreprise », ont-ils confirmé. Néanmoins, qu'en est-il alors de l'engagement de l'État, à travers le projet de captage de CO2 Ulcos par exemple ? Sur ce point, comme pour bon nombre d'autres, aucune réponse concrète, aucune date précise. C'est à la Commission européenne qu'est réservée la primeur de statuer. Rien de neuf, donc, sous le soleil des métallos. Alors, « il n'y a plus qu'à espérer... un rebond de l'économie à l'automne. Pourtant, nos demandes, il me semble, ne sont pas irréalistes », livre Xavier Le Coq, mi-figue, mi-raisin.

Quelques heures plus tôt, au local florangeois de la rue des Tilleuls, l'entrevue de 11h avec Sarkozy semblait toujours d'actualité. Comme pour les médias. Dans les échanges, l'idée d'une marche au départ de Florange vers Paris grise les esprits. Tout un symbole en effet des salariés qui prennent leur bâton de pèlerin, soutenus dans leur périple par toute une communauté. Et qu'importe l'interlocuteur. « Vu les propos du président-candidat jeudi, relève Frédéric Weber (CFDT), et son déni de démocratie de nous qualifier de minoritaires - alors que nos organisations représentent 75 % des salariés -, notre lutte n'a qu'un seul objectif : obtenir le redémarrage. Ainsi que les garanties nécessaires pour l'avenir de nos installations. »

Bayrou demain, Cali samedi

A propos de la main tendue de Marine Le Pen via la presse, Frédéric Weber émet « une réserve. On ne connaît pas l'accueil que lui réserveront les employés, mais elle n'est pas en terrain favorable », glisse-t-il. Pour la CGT, Lionel Burriello est catégorique : « C'est non ! En parler, c'est trop déjà... » L'annonce du passage de François Bayrou demain le laisse peu ou prou pontois. Dans son esprit, deux échéances priment. La journée de défense de la sidérurgie en France et Lorraine, ce jeudi, avec la présence de Pierre Laurent, secrétaire général du PCF, et la première assemblée générale du collectif jeunes de ce vendredi. La CGT nationale sera à la manoeuvre dans tout l'Hexagone (Paris, Toulouse, Aulnay-sous-Bois, Clermont-Ferrand). FO ne manque pas de préciser que ce samedi, enfin, à La Passerelle de Florange , Cali laissera à l'intersyndicale une tribune libre. La cinquième semaine de lutte s'annonce sur tous les fronts.