ArcelorMittal : une journée sans nouvelles

Publié le 25/09/2012
L'attente pèse de plus en plus. Une vingtaine de syndicalistes ont bloqué les voies SNCF hier soir
ArcelorMittal : une journée sans nouvelles
ArcelorMittal : une journée sans nouvelles
L'attente pèse de plus en plus. Une vingtaine de syndicalistes ont bloqué les voies SNCF hier soir

© L'Est Républicain, Mardi le 25 Septembre 2012 / Région Lorraine / Florange + Républicain Lorrain + Vosges Matin

 

Le blocage du four à brames. Photo Le Républicain Lorrain

Florange. Toujours pas de date annoncée pour un prochain comité central d'entreprise, pas plus que de nouvelle du ministre, Arnaud Montebourg...

Hier matin, l'intersyndicale (CGT-CFDT-FO) ArcelorMittal à Florange a, rapidement, fait le point. Si les tractations semblent toujours être en cours entre l'industriel et le gouvernement, « aucune info ne transpire. » Visages toujours graves, les syndicalistes n'ont, cette fois, pas pris le temps de se perdre en conjectures. « Aujourd'hui, on se bat pour l'emploi. La seule annonce attendue c'est le redémarrage des hauts-fourneaux ! », réaffirme Yves Fabbri (CGT). Mauvaises nouvelles à venir, ou pas, le combat continu et les actions repartent crescendo.

L'opportunité d'assister au comité d'établissement ordinaire prévu ce mardi matin a, tout aussi rapidement, été balayée. « On ne veut plus discuter avec la direction qui dénigre l'intersyndicale ». « On va parler de quoi ? De la couleur des papiers peints alors que des décisions graves peuvent tomber demain », ironise Frédéric Weber (CFDT). CGT et CFDT boycotteront la réunion. Point adopté.

En deux temps, trois mouvements, drapeaux et mégaphones sont dans les voitures. Les militants investissent l'entrée du four à brames, au portier La Vallée, sur le ban de Serémange-Erzange.

« Ici, vous êtes dans le poste stratégique du laminoir ». Le blocage du four à brames assèche tout le train à chaud et, donc également l'alimentation des usines à froid. « Nous sommes désormais dans des actions 'dures'. Il ne s'agit plus de symbolique. Ces actions ont des répercussions sur le porte-monnaie de l'industriel », explique Francisco Lopera (CGT). Soutenus, à voix basse, par les employés d'Harsco - sous-traitant en charge de l'alimentation du four à brame - comme par des cadres, eux aussi « las des incertitudes », les militants CGT sont prêts à bloquer toute l'usine à chaud 48 heures minimum.

Exaspérationimprovisation

Dans le même temps, les 'oranges' (CFDT) ont repris place au portier Sainte-Agathe empêchant la sortie des expéditions. Tout le site sidérurgique est impacté.

Mais l'attente pèse de plus en plus. L'incertitude exaspère. Les militants n'en peuvent plus de rester statiques face au brasero. Et des actions s'improvisent. Une petite heure durant, la manifestation s'étend du portier de l'usine à la rue des Romains dans Florange et au rond-point éponyme. Les « Mittal » ne bloquent pas la circulation mais prennent le temps de se faire voir, d'entamer à nouveau la discussion avec les automobilistes de passage.

Depuis le matin, la rumeur d'une visite du ministre s'est tassée. Et rien ne vient les rassurer. Alors, à 19 h 30, un nouvel ultimatum est lancé. Retour de la troupe vers les voies de TGV à Ebange où une vingtaine de syndicalistes bloquait les voies SNCF entraînant l'arrêt des deux derniers TGV en provenance de Paris.

Lucie BOUVAREL