ARKEMA - C'est l'hécatombe qui continue

Publié le 27/06/2009
Les coupes sombres se poursuivent sur le site chimique de Carling Saint-Avold. Hier, le groupe Arkema a annoncé une nouvelle vague de 163 suppressions de postes. La chimie mosellane n'en finit plus d'être malade.
ARKEMA - C'est l'hécatombe qui continue
ARKEMA - C'est l'hécatombe qui continue
Les coupes sombres se poursuivent sur le site chimique de Carling Saint-Avold. Hier, le groupe Arkema a annoncé une nouvelle vague de 163 suppressions de postes. La chimie mosellane n'en finit plus d'être malade.

Hier c'était  la grève. D'ici lundi, et un nouveau CE extraordinaire qui confirmera les annonces faites hier  à Paris, les installations d'Arkema  ne devraient reprendre qu'au ralenti.
Hier c'était la grève. D'ici lundi, et un nouveau CE extraordinaire qui confirmera les annonces faites hier à Paris, les installations d'Arkema ne devraient reprendre qu'au ralenti.

 

J'ai passé 30 ans aux MAM. Alors aujourd'hui, forcément, ça fait mal. Nous allons attendre lundi et on avisera de la suite à donner à nos actions. Mais on va montrer que les Mosellans ne se laisseront pas faire». Porte-parole de l'intersyndicale CFDT-CGT-CFTC-FO-CGC d'Arkema Carling, Serge Cossutti est, habituellement, quelqu'un de plutôt posé. Mais, hier, on sentait amertume, frustration et colère se mêler dans sa voix. Cet ancien de la plate-forme était à Colombes, près de Paris, pour assister au comité central d'entreprise du groupe ce jeudi. Il avait beau s'attendre à de mauvaises nouvelles, le coup de massue est terrible. Fermeture de toute la filière MAM (méthacrylates de méthyle) au 1er janvier 2010. Suppression de 163 emplois d'ici 2012. Produits phares il y a encore deux ans, les MAM ne trouvent plus de débouchés, concurrencés par les sites de production asiatiques. Toujours la même histoire. On ne licencie personne mais on favorise les départs anticipés, volontaires et les reclassements. A Carling, cette pilule là ne passe plus depuis longtemps : «L'an dernier, on nous a concocté un plan de soi-disant performance avec la suppression d'une soixantaine de postes. Nous avons fait des efforts et voilà le résultat. Dans les ateliers, les gars sont aigris», témoigne un militant CGT.

La baffe

Surtout, la suppression de 163 postes au MAM entraînera indubitablement d'autres disparitions d'emplois chez le voisin et partenaire Total Petrochemicals. On s'interroge aussi beaucoup pour les nombreux sous-traitants qui ont en charge la maintenance des installations du MAM. Bref, ce énième plan social sur la plate-forme de Carling donne la très désagréable impression d'une hécatombe qui continue inexorablement. Après les plans sociaux successifs chez Total Petrochemicals, après les menaces sérieuses pesant sur la cokerie, c'est Arkema qui dégraisse sévèrement et fait un peu plus tanguer le site de Saint-Avold Nord. Que les temps sont durs. «La baffe va faire très mal pour le bassin industriel de Moselle-Est. Aujourd'hui, ce sont 1 000 emplois directs qui sont en jeu et 3 000 emplois indirects», lâche, rageur, un autre militant CGT. 
Côté politique, Jean-Pierre Masseret a demandé audience à Thierry Le Henaff, PdG du groupe Arkema. Pas content le président de la Région Lorraine qui se rappelle que, le 16 juin dernier encore, la direction du chimiste promettait que le MAM de Carling n’était pas menacé. «Je peux comprendre qu'un industriel réalise des choix mais je ne peux admettre qu'il le fasse en trompant ses salariés sur les messages qu'il lui adresse», peste l'élu.

Stéphane Mazzucotelli. 
Publié le 26/06/2009 (Saint-Avold)