ASSOCIATIONS ADEVA-MOSELLE-EST : MARCEL NICOLAUS, DEFENSEUR DES MALADES DE L'AMIANTE

Publié le 02/10/2009
L'Association de défense des victimes de l'amiante Moselle-Est s'installe officiellement aujourd'hui dans ses nouveaux locaux, 7, rue des Anges à Saint-Avold. Douze ans après l'interdiction de l'usage de l'amiante en France, le président Marcel Nicolaus ne manque pas d'arguments sur l'intérêt de créer une ADEVA dans la région.
ASSOCIATIONS ADEVA-MOSELLE-EST : MARCEL NICOLAUS, DEFENSEUR DES MALADES DE L'AMIANTE
ASSOCIATIONS ADEVA-MOSELLE-EST : MARCEL NICOLAUS, DEFENSEUR DES MALADES DE L'AMIANTE
L'Association de défense des victimes de l'amiante Moselle-Est s'installe officiellement aujourd'hui dans ses nouveaux locaux, 7, rue des Anges à Saint-Avold. Douze ans après l'interdiction de l'usage de l'amiante en France, le président Marcel Nicolaus ne manque pas d'arguments sur l'intérêt de créer une ADEVA dans la région.

Marcel Nicolaus, un ancien de la plate-forme de Carling, consacre sa retraite à aider les victimes de l'amiante.

Des associations de défense des victimes de l’amiante existent déjà dans plusieurs départements français. Quelle est la spécificité et le rôle de l’ADEMA en Moselle-Est ?
Marcel Nicolaus
: Je m’occupais déjà des dossiers des victimes de l’amiante avec la CFDT. Pour éviter tout amalgame avec l’esprit syndicaliste, nous avons créé ADEVA Moselle-Est en avril dernier. Notre mission est d’aider les victimes de l’amiante et leurs familles pour faire reconnaître la maladie et obtenir une indemnisation auprès du FIVA, le fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante. Nous intervenons également pour faire reconnaître la responsabilité de l’employeur.
Quel est le profil des victimes de l’amiante sur la région ?
Sachant que la maladie peut se déclencher vingt à quarante ans après une exposition à l’amiante, nous avons affaire à une majorité de retraités. 90 % d’entre eux ont travaillé sur la plate-forme chimique de Carling-Saint-Avold, aux Charbonnages de France, chez les fabricants d’équipements automobiles et systèmes de freinages à Creutzwald et Bouzonville. Des personnes de Metz et de Marly, qui ont travaillé dans la sidérurgie, viennent également nous voir. Nous recevons également des ouvriers du bâtiment, des mécaniciens autos, des chauffagistes.
Combien de dossiers avez-vous eu à traiter jusqu’à présent ?
Depuis 2003, nous avons étudié 500 dossiers dont 350 rien que pour Carling. En six ans, on a déploré 38 décès imputables à l’amiante. Les 99 procès intentés à Total pour «faute inexcusable» ont tous été gagnés. Nous n’avons pas recours à des avocats. Je plaide moi-même. Je dois être le seul de toutes les ADEVA de France à le faire. Mes quarante années passées sur le site de Carling, mes activités au Crédit mutuel en tant que président de conseil d’administration et animateur m’ont apporté beaucoup et m’ont appris à convaincre.
Aujourd’hui, l’amiante est reconnue comme maladie professionnelle. Mais est-ce que tout à chacun peut devenir une victime potentielle ?
Oui, bien sûr. Par exemple, nous avons eu à traiter les dossiers médicaux de trois épouses de salariés de Carling. Elles étaient en contact direct avec les bleus de travail que leur mari ramenait à la maison pour être lessivés. Ils étaient couverts de fibres d’amiante. Les victimes «environnementales» sont reconnues par la FIVA et indemnisées.
Exiger réparation et indemnisation auprès de l’État puis de l’employeur, n’est-ce pas une nouvelle épreuve pour les victimes de l’amiante ?
Justement, nous sommes là pour les rassurer car leur première pensée est «je vais mourir». Je leur réponds qu’une personne sur dix meurt de l’amiante et qu’elle fait partie des neuf autres. Nous assurons un suivi de leur dossier de A jusqu’à Z et sommes même amenés à anticiper les procédures afin que les veuves perçoivent une rente correcte. J’ai le sentiment d’être un confident et d’être même parfois plus persuasif que certains médecins. Il m’est également arrivé d’accompagner les gens en fin de vie.
Avez-vous été personnellement confronté à ce fléau cancérigène ?
Non, même si j’ai été gravement malade en 2001. Ce n’était pas le cancer des poumons, ni le mésothéliome et autres pathologies liées à l’amiante. Aujourd’hui, j’estime que je suis un retraité privilégié et je me dois d’aider les personnes dans le besoin. L’ADEVA a tout lieu d’exister puisqu’en France, on estime le nombre de malades de l’amiante à 1 000 000 avec un taux de mortalité de 10 % dans les vingt à vingt-cinq années à venir.

O.Bo.
Publié le 02/10/2009 – St Avold