Au treizième jour des manifestations

Publié le 01/03/2012
Les manifestations se poursuivent à Florange pour défendre la filière à chaud et le packaging. Hier, les troupes ont bloqué le portier de Serémange.
Au treizième jour des manifestations
Au treizième jour des manifestations
Les manifestations se poursuivent à Florange pour défendre la filière à chaud et le packaging. Hier, les troupes ont bloqué le portier de Serémange.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 01 Mars 2012 / Région /

 

 

Hier matin, les sidérurgistes ont manifesté dans les rues de Florange et Serémange pour rejoindre le portier de la filière chaude. Photo Dominique STEINMETZ

Au treizième jour de manifestation, les sidérurgistes ont arpenté les artères florangeoises pour se rendre au portier de Serémange. Le lieu est symbolique. Il s'agit du portier de l'usine à chaud. « On va bloquer l'entrée et la sortie des camions », explique Jacques Minet, de la CFDT. Les quatre syndicats sont représentés, les banderoles de la CGT se mêlent à celles de la CFDT de FO et de la CFE-CGC. L'intersyndicale tient toujours, malgré quelques mouvements d'humeur des uns ou des autres. « Ce n'est pas important », tranche Yves Fabbri de la CGT, l'intersyndicale est là bien présente, après on ne peut éviter quelques divergences.» Tous ensemble. Les salariés ont demandé à leurs représentants syndicaux de faire preuve de solidarité lors de l'assemblée générale du 16 février, lorsque tout le monde était d'accord pour bouger. Hier, dans les rangs, quelque 170 militants. « Un peu décevant », regrette Jacques Minet, de la CFDT, « mais c'est vrai qu'ils nous ont délégué le combat ». Yves Fabbri, de la CGT, ne s'avoue pas déçu, « du cadre à l'opérateur, tous contestent la politique du groupe, c'est ce qui importe. » Et Edouard Martin (CFDT) de rappeler : « que la lutte est longue, qu'aucun appel à la grève n'a été lancé car les salariés perdent trop d'argent tous les mois ».

La bataille se poursuit. Fumigènes, chants partisans, les ingrédients d'une bonne manifestation étaient là. Les spectateurs également, accoudés aux fenêtres. « En bloquant les entrées et sorties des matières, on assèche les clients, explique François Pagano de la CFE-CGC. On espère ainsi qu'ils feront pression sur Mittal. Parce qu'aujourd'hui, les clients achètent une qualité et un service ».

Aujourd'hui, les militants ont décidé d'un jour de repos. Tout le monde sera sur le pied de guerre, demain. Le comité central d'entreprise doit se dérouler à Paris. Les représentants syndicaux demanderont alors au troisième homme de Mittal, M. Van Poolvorde, s'il entend oui ou non redémarrer les hauts fourneaux. Évidemment, les sidérurgistes ne se contenteront pas d'une réponse hasardeuse. Ils attendent des garanties en bonne et due forme de redémarrage et d'investissements financiers pour pérenniser l'entreprise.

Anne RIMLINGER-PIGNON.