Ayrault annonce un « audit »

Publié le 25/04/2012
Campagne : en déplacement en Moselle, notamment à Florange, le premier ministrable a rendu visite aux salariés d'ArcelorMittal qui campent devant leur usine
Ayrault annonce un « audit »
Ayrault annonce un « audit »
Campagne : en déplacement en Moselle, notamment à Florange, le premier ministrable a rendu visite aux salariés d'ArcelorMittal qui campent devant leur usine

© L'Est Républicain, Mercredi le 25 Avril 2012 / Ouverture France-Monde / Campagne + Vosges Matin

 

Jean-Marc Ayrault a réaffirmé aux syndicats de Florange la volonté du PS de voir le site pérennisé. Photo Alexandre MARCHI

EDOUARD MARTIN, les traits tirés par la fatigue, ne décolère pas : « Les vrais travailleurs ? Je suis en carton, ça se voit pas. Sarkozy, il n'a pas été touché par la grâce. Les faux travailleurs auraient surtout besoin d'un vrai président ». Devant les grilles fermées et surveillées par des vigiles de l'usine ArcelorMittal de Florange, il attend Jean-Marc Ayrault, qui figure en tête de la liste des éventuels « Premier ministre » en cas de victoire de François Hollande. « Lui, il est pas présidentiable. On s'en fout de qui vient. Ce qui compte c'est ce qu'il nous dit », poursuit le syndicaliste de la CFDT.

Plus de fermeture d'usine rentable

Sous la tente qui abrite les salariés qui entament leur « dixième semaine de conflit », il décrit précisément la situation à l'élu socialiste : « Mittal, qui a supprimé 36.000 emplois en 6 ans en Europe, estime qu'il peut gagner plus ailleurs. L'usine n'est pas suffisamment rentable. On nous dit qu'on ne peut rien faire. On ne supporte plus. On ne fait plus confiance à personne. On ne veut plus de discours, mais des actes ». Et il pose une question directe au proche de François Hollande : « Si vous êtes élus, que comptez-vous faire rapidement, parce qu'avant l'été des décisions dramatiques risquent d'être prises ».

« Lorsque François Hollande est venu ici, il vous avait indiqué que nous déposerions une proposition de loi pour qu'un repreneur soit recherché en cas de fermeture d'un site industriel. Cette proposition nous l'avons défendue. Elle a été rejetée. Mon premier engagement, c'est que si nous l'emportons, cette proposition sera mise à l'ordre du jour du Parlement. Mais il faudra se battre. Nous avons ici un site d'avenir. Nous voulons aller au-delà, avec le projet de captation de CO2. Vous avez raison de lutter. C'est une juste cause ».

« La France, ce n'est pas le discours de Grenoble »

Auparavant, lors d'une conférence de presse, Jean-Marc Ayrault a annnoncé que si Hollande l'emporte, « un audit sera réalisé sur la situation financière réelle de la France ». « A partir de là, nous ferons des choix marqués par la justice », précise-t-il. Agrégé d'allemand, le maire de Nantes, le promet, « le pacte fiscal signé avec l'Allemagne sera renégocié. Nous discuterons avec fermeté. La France ne sera pas isolée ».

Face au score élevé de Marine Le Pen, Jean-Marc Ayrault renvoie, dans un élan quasi mystique, à « la République, toute la République », pour convaincre les électeurs du Front national.

« La France, ce n'est pas le discours de Grenoble » du candidat sortant, qui avait fustigé, à l'été 2010, les Roms. « Pour nous, il n'y a que les enfants de la République, égaux en droits. Il faut retrouver l'authenticité de la République. La question migratoire a été prise en otage. Notre politique sur cette question sera ferme mais soumise à des critères objectifs. Laissons Nicolas Sarkozy exploiter la peur ».

Quant au débat (s), « c'est dans la logique de Sarkozy. C'est celle du découragement. C'est pathétique. Nicolas Sarkozy, c'est une imposture depuis le début ».

Patrick PEROTTO