Behr : accord (enfin) trouvé la grève est terminée

Publié le 06/11/2010
La venue d'Henry Baumert, hier, a finalement débloqué la situation. Le président de Behr France a fait des propositions acceptables aux syndicats, et acceptées par les grévistes. Le travail a donc repris.
Behr : accord (enfin) trouvé la grève est terminée
Behr : accord (enfin) trouvé la grève est terminée
La venue d'Henry Baumert, hier, a finalement débloqué la situation. Le président de Behr France a fait des propositions acceptables aux syndicats, et acceptées par les grévistes. Le travail a donc repris.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 06 Novembre 2010 / SRG
 
A main levée, les salariés ont décidé la fin d'une grève éprouvante, tandis que deux hélicoptères tournaient encore pour charger des pièces. Photo Thierry NICOLAS

Les salariés de Behr Hambach étaient en grève depuis mardi. Sur le site alsacien de Rouffach, une ligne a été arrêtée en guise de soutien et leurs homologues de Mülhacker (Baden-Württemberg) menaçaient d'en faire autant. Les clients de l'entreprise (outre Smart, approvisionnée à la main...) commençaient à s'inquiéter... C'est dire si la venue hier du président de Behr France, Henry Baumert, était importante. Il avait visiblement pour objectif de débloquer la situation, puisqu'il n'est pas venu les mains vides.

Après deux heures de discussions dans un hôtel sarregueminois avec des représentants syndicaux, telles furent les propositions majeures : 40 EUR brut d'augmentation de salaire effectif au 1er janvier (au lieu du 1er juin habituellement), soit 4 à 5 % de hausse ; une prime de nuit qui passe de 11 à 14 % ; 2,5 % de plus pour les déplacements ; 150 EUR de prime d'intéressement versés fin novembre (au lieu d'une centaine fin février). Dans sa besace, le président promet la création de groupes de travail, sous la houlette du directeur technique, Gérard Lopez Ruiz, pour résoudre les problèmes de conditions de travail, de pressions, les tensions... De plus, les Etam qui étaient intégrés au collège ouvrier retrouvent leur statut d'agents de maîtrise et le collège afférent.

Le grand patron annonce également le retrait de la plainte en référé en cas de reprise du travail. Plainte qui avait peu de chance d'aboutir... Mais il faut rapidement se décider. « Il nous a dit que l'entreprise devait trouver une alternative pour satisfaire les clients », explique Thierry Riff (CFDT). Alternative déjà trouvée, avec des sites prêts à produire les pièces dès mercredi. L'un des produits hambachois devait revenir à un autre site à la fin 2010. Le président a annoncé sa pérennité jusque fin 2011. Autant d'éléments qu'il fallait présenter aux salariés grévistes.

Le staff hambachois, composé de Pierre Kopp, David Bonichon et Gérard Lopez Ruiz, n'a évidemment pas fait de commentaire, pas plus qu'Henry Baumert.

Hautes Tensions

Sur le site, les discussions furent chaudes. Les grévistes sont tendus, fatigués... et remontés. Pour eux, la proposition n'est pas acceptable. Surtout les 150 EUR de prime pour tous les salariés, alors qu'elle apparaît comme une compensation financière immédiate pour les jours de grève... Pas de raison que « ceux de l'intérieur en profitent ». Le ton monte. Les tensions accumulées ces dernières années, les pressions de la direction, sont bien présentes. Ils ont peur que ça continue, qu'il y ait des représailles... On voit là toute leur souffrance qui se change en colère. Mais les syndicats rassurent.

Les discussions s'enchaînent et Bernadette Hilpert et Richard Caudy (CGT) s'en mêlent, livrant leurs conseils. Un syndicaliste FO intervient également, lançant : « Il ne faut pas baisser la tête face à eux [les non-grévistes]. On peut les regarder droit dans les yeux en leur disant que ce qui a été obtenu, c'est grâce à nous ! » Un délégué CFDT ajoute : « On a ce qu'on n'a jamais eu en 16 ans ! » Et la direction a plié. Une (petite) revanche...

Au final, l'assemblée décide de refuser les 150 EUR, qui concernent aussi les non-grévistes, mais demande le maintien des salaires pour ceux qui sont 'sortis'. Refusé par la direction. Qu'à cela ne tienne, Erdogan Coskun lance : « On a fait grève, on l'assume ! »

Le mouvement est levé. Les trois premiers jours ne seront pas payés. La journée d'hier n'est pas comptée en grève. Le travail a repris hier soir. Désormais, il faut que la paix sociale demeure...

Michel LEVILLAIN.