Bus : conducteur agressé service suspendu

Publié le 17/07/2010
L'agression a eu lieu jeudi soir à l'arrêt de bus Gare SNCF, place du Général-de-Gaulle à Metz. Hier matin, des contrôleurs ont informé les usagers que le trafic était suspendu suite au droit de retrait des conducteurs.
Bus : conducteur agressé service suspendu
Bus : conducteur agressé service suspendu
L'agression a eu lieu jeudi soir à l'arrêt de bus Gare SNCF, place du Général-de-Gaulle à Metz. Hier matin, des contrôleurs ont informé les usagers que le trafic était suspendu suite au droit de retrait des conducteurs.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 17 Juillet 2010 / Région /


Après négociations entre les syndicats et la direction des TCRM, le service des bus a repris progressivement dès 14 h. Photo Gilles WIRTZ.

Jeudi soir, devant la gare de Metz, un conducteur de bus des TCRM a été agressé physiquement par un automobiliste. Dès 5 h, hier, l'ensemble du personnel des TCRM a fait valoir son droit de retrait.

 

C'est un geste gratuit lamentable. Les conducteurs sont là pour rouler et non pour se faire agresser », soupire Hugues de Boisriou, directeur marketing des TCRM, les Transports en commun de la région messine. Au même moment, l'intersyndicale CGT-CFDT-CGT-FO-Sud-Unsa est en pourparlers avec les représentants du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'entreprise qui emploie 330 conducteurs de bus. Les violences physiques dont a été victime, la veille, un collègue, ont amené ces personnels roulants à faire valoir leur droit de retrait dès 5 h, hier. Une première dans l'histoire des TCRM.

Jeudi soir, le chauffeur de la ligne 13, est invectivé par un automobiliste qui s'arrête à sa hauteur, place Mazelle à Metz. Selon l'automobiliste, le bus aurait voulu l'écraser. Quelques propos houleux sont échangés au feu rouge. Arrivé à l'arrêt Gare SNCF, place du Général-de-Gaulle, le conducteur des TCRM voit l'homme entrer dans son bus, armé d'un bâton, un manche de pioche ou une batte de base-ball que la victime n'a pu identifier. L'agresseur lui administre un premier coup au-dessus de la tempe et tente un deuxième arrêté par le bras de la victime. Il prend la fuite à bord de sa voiture. Des témoins ont relevé le numéro de la plaque minéralogique.

Une vingtaine de minutes plus tard, l'auteur présumé de l'agression, un Messin de 23 ans, est interpellé et placé en garde à vue. Aux fonctionnaires de police, il livre un autre scénario. Selon lui, il traversait, à pied, la chaussée avec son amie, quand il a été pris de peur par les crissements des freins du bus qui s'arrêtait pour les laisser passer. Ensuite, il serait allé à sa voiture pour s'emparer de son arme avant de frapper le conducteur.

La victime, un homme de 32 ans, six ans d'ancienneté aux TCRM, a été hospitalisé à Bon-Secours. A 3 h, il est sorti de l'hôpital avec trois points de suture et un hématome au bras. Il bénéficie d'une ITT de trois jours.

Portillon anti-agression

Jusqu'à 14 h, seules deux lignes de bus, sous-traitées aux Rapides de Lorraine et aux Courriers mosellans étaient en service hier. Dans les locaux des TCRM, les conducteurs, qui font valoir leur droit de retrait, ont attendu les décisions de la réunion de crise en tapant le carton. Trois heures plus tard, les syndicats ont obtenu « les garanties demandées ». « Un vérificateur parti en retraite va être remplacé comme trois personnes actuellement en arrêt maladie , ce qui n'était pas prévu, précise Salvatore Gangemi, délégué syndical de la CFDT. Nous avons surtout obtenu que tous les bus soient équipés de portillons anti-agression. » En complément, des caméras de vidéosurveillance installées dans les bus et des équipes d'intervention qui chaque jour surveillent le trafic. Hier, à 14 h, les bus reprenaient du service.

Cécile PERROT.