Carrefour de la contestation

Publié le 10/04/2011
Tracts et attente en caisse hier matin pour les clients de l'hyper Carrefour, dont les salariés ont massivement répondu à une grève nationale.
Carrefour de la contestation
Carrefour de la contestation
Tracts et attente en caisse hier matin pour les clients de l'hyper Carrefour, dont les salariés ont massivement répondu à une grève nationale.

@ Républicain lorrain 10/04/2011 social | zone du linkling


Un fort taux de grévistes hier matin, au Carrefour Linkling pour protester contre les salaires et conditions de travail. Photo DR
Les salariés de l’hypermarché Carrefour ont débrayé deux heures hier matin, entre 10h et midi, dans le cadre d’un mouvement national et à l’appel d’une intersyndicale FO, CFDT et CGT. Sur la zone du Linkling, le mouvement a été largement suivi puisqu’une centaine d’employés a cessé le travail entre 10h et midi. Les revendications portent sur les NAO (négociations annuelles obligatoires) «  qu’aucune organisation syndicale n’a signées », explique Denise Franz, déléguée CFDT, le seul syndicat représenté dans la grande surface thionvilloise.

Augmentations insuffisantes

Premier motif de revendication : le montant des augmentations salariales. 1 % en mars et 1 % en octobre, voilà qui apparaît dérisoire «  sur 1 000 euros, le salaire moyen d’une caissière » et en comparaison avec l’inflation. D’autant que «  la prime d’intéressement de 150 € ne sera pas versée au moins d’août ». Difficile à digérer face à l’annonce de la mise en vente des magasins Ed qui devrait rapporter «  six milliards de dividendes aux actionnaires ». Autre revendication : une participation aux frais d’entretien des tenues de travail que tous les salariés, à l’exception de ceux qui travaillent dans les rayons frais, ont à leur charge. «  Aujourd’hui, la direction propose 6 € brut par trimestre, soit 2 € brut par mois ! Quand on connaît le prix du baril de lessive… » A ces points de contestation nationale, Denise Franz a ajouté des revendications locales : «  Les conditions de travail et le manque de personnel. On nous en demande toujours plus, plus de boulot, en moins de temps, sans personnel suffisant. On est obligés de tout faire, les salariés sont à bout. » Ce sont ces griefs que la déléguée syndicale a présentés en fin de matinée à l’un des cadres de direction, Dominique Pierre, en l’absence de la directrice du site, actuellement en vacances.

Ça bouchonne en caisse

«  Je connais les revendications nationales et locales », expliquait, à l’issue de l’entretien, le responsable qui «  transmettra à qui de droit ». S’il a reconnu «  un problème d’attente en caisse, plus que d’habitude », suite au mouvement, il a ajouté : «  On a fait le maximum (NDLR, selon Denise Franz, des cadres ont été appelés en renfort) pour les clients. Peu sont mécontents. » Dominique Pierre a d’ailleurs salué autant l’attitude de la clientèle qui a semblé «  comprendre les revendications », que «  le respect de part et d’autre, entre grévistes et non-grévistes ». Le responsable a comptabilisé 80 personnes arrêtées contre 30 encore en poste entre 10h et 12h. Mais à l’extérieur, les grévistes rejoints par des collègues en repos ou d’après-midi étaient jusqu’à 110 pour distribuer des tracts aux clients. Carrefour Linkling comptait au dernier comité d’entreprise du mois de mars, 248 salariés.

E. de R.