Chauffeur agressé : les bus à l'arrêt hier matin

Publié le 17/07/2010
Pour la première fois dans l'histoire des TCRM, les employés ont fait valoir hier matin leur droit de retrait. La veille, un conducteur a été violenté par un automobiliste. Cette agression, celle de trop, a soulevé la consternation dans la profession et chez les usagers.
Chauffeur agressé : les bus à l'arrêt hier matin
Chauffeur agressé : les bus à l'arrêt hier matin
Pour la première fois dans l'histoire des TCRM, les employés ont fait valoir hier matin leur droit de retrait. La veille, un conducteur a été violenté par un automobiliste. Cette agression, celle de trop, a soulevé la consternation dans la profession et chez les usagers.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 17 Juillet 2010 / MTZ /

En milieu de matinée, des affiches ont été apposées aux arrêts de bus et des contrôleurs ont tenté de trouver des solutions pour ne pas laisser les usagers sur la touche, notamment en préconisant le covoiturage et des courses en taxis à plusieurs personnes. Photo Karim SIARI.

19 h 54. Place du Général-de-Gaulle, le conducteur de la ligne 13, à l'arrêt Gare SNCF, ouvre les portes aux usagers. Parmi eux, un Messin de 23 ans, armé d'un manche en bois, lui donne deux coups : un à la tête, l'autre est écourté par le bras de la victime. Plus tôt, p
lace Mazelle, les deux hommes, arrêtés à un feu rouge, en sont venus aux mots suite à un différend d'origine routière.

 
 

20h15. L'auteur présumé des violences volontaires est interpellé suite au signalement et au numéro d'immatriculation de son véhicule relevé par plusieurs témoins de la scène, des usagers du bus et des piétons.

3 h. La victime de 32 ans, un conducteur qui a six ans d'ancienneté, sort de l'hôpital Bon-Secours. Légèrement blessé, il bénéficie de quatre jours d'ITT.

5 h. Dans une demi-heure, les conducteurs doivent prendre leur service. Soixante-dix véhicules sont prévus en ce vendredi de trafic allégé. Les employés des TCRM, pour la première fois dans l'histoire du réseau de transports en commun, décident de faire valoir leur droit de retrait. « Ce n'est pas seulement cette agression mais toutes les agressions quotidiennes que les conducteurs ne supportent plus », résume Salvatore Gangemi, délégué syndical de la CFDT.

10 h. Les premières affiches informant les usagers sont apposées aux arrêts de bus. Seules deux lignes sous-traitées, les 16 et 17, circulent normalement. Dans la foulée, le site internet des TCRM relaie l'information. mais aux arrêts de bus, les voyageurs, incrédules, espèrent toujours voir arriver un bus aux couleurs ocre.

10 h 30. A l'heure où la victime est entendue à l'hôtel de police, les syndicats CGT, CFDT, FO, Sud, et Unsa se retrouvent en réunion de crise avec le CHSCT, le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Les représentants syndicats posent leurs conditions pour la reprise du trafic et ils les obtiennent : remplacement d'un départ à la retraite d'un vérificateur et de trois arrêts maladie. Surtout, ils parviennent à ce que tous les bus, même les plus anciens soient équipés de portillons anti-agression. Le système de protection, déclenché par le conducteur, fait monter des vitres autour de sa cabine. En septembre, une table ronde est programmée avec la préfecture, Metz-Métropole et les TCRM. Face aux garanties obtenues, il est décidé de lever le droit de retrait et de ne plus pénaliser les usagers. « Au final, tout le monde est victime de cette agression », glisse Hugues de Boisriou, directeur marketing aux TCRM.

14 h. Le trafic reprend progressivement. Après le 14 juillet, près de 35 000 clients se déplacent en bus chaque jour, soit environ la moitié de la fréquentation en période scolaire.

Dans l'après-midi, l'auteur présumé des violences a été présenté au parquet de Metz en vue de sa convocation le 12 août devant le tribunal correctionnel. En attendant, il est placé sous contrôle judiciaire.

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