Chômage partiel pour 1 500 salariés et 4,2 MEUR pour l'entretien

Publié le 30/09/2011
Quelque 1 500 salariés d'ArcelorMittal Florange seront concernés par des mesures de chômage partiel jusqu'à décembre. La direction promet aussi d'investir 4,2 millions d'euros dans la maintenance des hauts fourneaux.
Chômage partiel pour 1 500 salariés et 4,2 MEUR pour l'entretien
Chômage partiel pour 1 500 salariés et 4,2 MEUR pour l'entretien
Quelque 1 500 salariés d'ArcelorMittal Florange seront concernés par des mesures de chômage partiel jusqu'à décembre. La direction promet aussi d'investir 4,2 millions d'euros dans la maintenance des hauts fourneaux.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 30 Septembre 2011 / Région /

 

 
Selon les syndicats, la direction d'ArcelorMittal Florange a confirmé, hier, en comité d'entreprise extraordinaire, le projet d'arrêt temporaire de la phase liquide et une marche au ralenti du packaging, entraînant un recours au chômage partiel pour plus de 1 500 salariés du site sidérurgique lorrain.

Dans le même temps, elle fait un geste en promettant tout de suite 2 MEUR de travaux de maintenance sur toute la filière liquide, et 2,2 MEUR pour permettre le redémarrage du P6 lorsque ce sera à l'ordre du jour. ArcelorMittal va faire la demande auprès de l'État d'une convention d'APLD (Activité partielle de longue durée) d'environ 17 030 jours d'octobre au 31 décembre, soit un total de 136 240 heures. Les salariés (486 de la filière liquide, 379 du packaging, 646 des services communs) seront concernés pour des durées plus ou moins longues, chacun ayant à solder auparavant son compteur de congés, et récupération.

« Un signe... Insuffisant ! »

Pour les employés de jour, cela se traduira par environ 25 journées d'absence, en moyenne, sur le dernier trimestre. Un tiers seulement de l'usine ne sera pas affecté. Sans compter l'impact sur les 405 intérimaires et naturellement les emplois de sous-traitance estimés à près de 400. Les syndicats sont sortis partagés et toujours aussi inquiets de ce comité d'entreprise. La CGT condamne, en bloc, l'ensemble de ces mesures et « refuse d'accompagner des décisions et dispositions scélérates qui vont impacter les salariés, leurs familles et les outils de production. » Elle réclame une indemnisation à 100 % des salariés. La CFDT, tout comme la CFE/CGC, désapprouve l'arrêt de la filière liquide mais donne son quitus pour l'adhésion à la convention APLD « qui sécurise les salariés. » De fait, « on est contre le chômage mais dans le cas présent, pendant la suspension d'activité, les salariés seront indemnisés », assure la CFDT. Celle-ci voit dans l'engagement des 4,2 MEUR de travaux de maintenance « un signe. Un petit geste de la direction, nettement insuffisant tout de même, mais qui résulte aussi de la mobilisation des salariés à l'appel de l'intersyndicale. »

La CFE/CGC tout en étant opposée au chômage partiel « approuve le recours à l'APLD pour ne pas amplifier le malaise des salariés. » Elle reste persuadée « qu'une autre stratégie industrielle était possible en maintenant la filière liquide à Florange, car il faudra gérer le flux des 200 000 t de brames venant de Dunkerque. » Partiellement rassurés par les dépenses d'entretien « qui devraient permettre un redémarrage de la filière liquide dans le délai estimé de six semaines », les syndicats veulent rester vigilants car, répète la CFDT, « on ne sait pas quand interviendra ce redémarrage, la direction n'a aucune visibilité sur une reprise du marché ! »

Bernard KRATZ