COLLEGES : «On ne comprend rien appelez un prof de français !»

Publié le 21/03/2009
17h30, hier. Depuis des heures, ils font le pied de grue dans le froid devant le conseil général. Avec leurs panneaux, côte à côte. «Regardez, on est ensemble, La Louvière et Mermoz ! », lâche une enseignante de Marly.
COLLEGES : «On ne comprend rien appelez un prof de français !»
COLLEGES : «On ne comprend rien appelez un prof de français !»
17h30, hier. Depuis des heures, ils font le pied de grue dans le froid devant le conseil général. Avec leurs panneaux, côte à côte. «Regardez, on est ensemble, La Louvière et Mermoz ! », lâche une enseignante de Marly.

Comme pour prouver que les annonces successives de fermeture ne les ont pas divisés. Car les noms n’ont cessé de défiler au fil des mois : La Louvière à Marly, inquiétée dès le début, Mermoz un temps, puis Bernanos sur le banc de Montigny-lès-Metz, sans oublier Schuman, et, pour finir, Georges-de-la-Tour et les Hauts-de-Blémont. Enseignants, parents et représentants syndicaux attendent donc que se termine le conseil départemental de l’Education nationale. Soudain Fabrice Boucher, conseiller général de Saint-Avold, sort. Immédiatement, la foule l’entoure. «Nous avons repoussé les propositions du conseil général à une écrasante majorité. » Les gens attendent la suite. «Nous avons déposé une motion mais elle a été refusée. On proposait : pas de construction à Verny si celle-ci doit entraîner une fermeture dans le sud-messin. Pas de fermeture dans l’agglomération messine. Pas de construction d’un collège sur le site de Camus à Freyming-Merlebach, qui se traduirait par une fermeture d’Alain-Founier. »

«Pas clair »

«Oui, mais qu’est ce que ça veut dire ?, demande Sylvie Praga, pour l’Association des parents d’élèves de Bernanos. Samedi matin, on fait une marche à Montigny : qu’est ce que je dis aux gens ?On espérait des décisions, les familles sont inquiètes». Fabrice Boucher reprend les papiers du conseil général. Tous les cas de figure semblent remis en lice. «C’est pas clair, on comprend rien, appelez un prof de français ! », lance une dame.

La faute à Verny ?

«Il n’y a aucun argumentaire solide, décode François Klein pour le Syndicat général de l’éducation nationale - CFDT. La seule chose, c’est que le conseil général veut ouvrir Verny et donc fermer deux autres établissements sur Metz ». Nathalie Griesbeck intervient : «C’est inopportun de construire un collège à Verny », martèle la conseillère générale, rappelant qu’il est hasardeux d’anticiper sur la démographie.

Prioritaire, l’éducation…

«Les Hauts-de-Blémont, ce n’est pas une question de locaux !, peste Bruno Henry. Le responsable départemental du SNES refuse l’idée de fermer le collège de Borny et d’envoyer les enfants à Schuman. Les profs des Hauts-de-Blémont sont là depuis près de vingt ans, ils sont capables de faire faire à un public difficile. C’est toute l’idée de l’éducation dite prioritaire, des zones ambitions réussites. Alors il ne faut pas venir nous dire que c’est pour tout le monde pareil ! C’est un mépris profond de ce que sont les zones d’éducation prioritaire ». Danielle Bori, adjointe aux affaires scolaires de Metz, rappelle encore que «la distance favorise l’absentéisme». Et d’insister : «Ces quartiers ont besoin d’un service public de proximité».

Charline POULLAIN
Publié le 21/03/2009 (Metz Ville)