CONSOMMATION Moins chère que le produit frais habitat, la boîte de conserve refuge du temps de crise

Publié le 02/09/2009
Economique, la boîte de conserve séduit les consommateurs en période de crise, ce qui permet à l'ensemble de la filière, des fabricants d'emballages métalliques aux groupes agroalimentaires, de bien résister.
CONSOMMATION Moins chère que le produit frais habitat, la boîte de conserve refuge du temps de crise
CONSOMMATION Moins chère que le produit frais habitat, la boîte de conserve refuge du temps de crise
Economique, la boîte de conserve séduit les consommateurs en période de crise, ce qui permet à l'ensemble de la filière, des fabricants d'emballages métalliques aux groupes agroalimentaires, de bien résister.

Toujours économiques, les conserves ont cependant vu leur prix augmenter, avec  une valeur des achats  en France  au premier trimestre  en hausse  de 4,8 %  pour  un volume stable.
Toujours économiques, les conserves ont cependant vu leur prix augmenter, avec une valeur des achats en France au premier trimestre en hausse de 4,8 % pour un volume stable.

La boîte de conserve valeur refuge en temps de crise ? Il semblerait que oui, autant que pour les producteurs de fer blanc, comme ArcelorMittal à Florange que pour les groupes agroalimentaires, comme le groupe Bonduel, dont les ventes trimestrielles de légumes en conserve ont grimpé de presque 16 %. Avec des finances plus serrées, «les consommateurs à court d’argent préfèrent des produits en boîtes abordables aux produits frais», résume Monica Higuera, rédactrice en chef du magazine spécialisé The Canmaker, basé au Royaume-Uni.
En France, marché d’un peu moins de 5 milliards d’euros, la quantité de conserves achetées au premier trimestre est restée presque stable, selon des chiffres du cabinet d’études TNS. Un constat également fait chez le distributeur Intermarché. Après un «trou d’air» fin 2008, comme l’alimentaire en général, le marché de la conserve a connu «un redémarrage convenable» en 2009 et maintient ses positions, explique Eric Ledermann, président de l’Union interprofessionnelle pour la promotion des industries de la conserve appertisée (UPPIA), qui regroupe des producteurs de métal, fabricants d’emballages et conserveurs. 
Utilisées par plus de 99 % des Français, les conserves ont une marge de progression restreinte. Vu la crise, «avoir stabilisé nos tonnages et nos ventes est déjà un phénomène de résistance», souligne M. Ledermann. Si les légumes, environ une conserve sur deux, se maintiennent, les fruits eux progressent. En revanche, les plats cuisinés, plus chers, se vendent moins. Cette résistance se reflète dans les performances financières du secteur.
Le bénéfice semestriel de Crown Holdings, numéro un mondial des emballages métalliques, a progressé de 15 %. Chez Silgan, leader des boîtes alimentaires aux Etats-Unis, les ventes des contenants en métal ont gagné 7,4 % au dernier trimestre.

«Un produit régulier»

Du côté des conserveurs, Bonduelle a souligné «le caractère défensif de la conserve, dans un contexte de consommation déprimé» : ses ventes trimestrielles de légumes en conserve ont grimpé de presque 16 %. En amont, la production de fer blanc, principal matériau des boîtes de conserves, est restée soutenue, quand la demande des autres produits sidérurgiques s’effondrait. Interrogé, ArcelorMittal n’a pas communiqué son rythme actuel de production, mais au printemps le géant de l’acier indiquait à la presse américaine que ses lignes de fer blanc marchaient à plein régime.
Sa production en France, notamment à Florange, avait tout de même sévèrement fondu en mai, avant de se rapprocher peu à peu «d’une marche normale» avec la saison des récoltes agricoles, indique Jacques Minet, délégué CFDT. Par le passé, ArcelorMittal avait hésité à conserver sa production de fer blanc, soumise à forte concurrence, mais «ils se rendent compte que c’est un produit assez régulier, crise ou pas», relève M. Minet.
Toujours économiques, les conserves ont cependant vu leur prix augmenter, avec une valeur des achats en France au premier trimestre en hausse de 4,8 % pour un volume stable. En février, Bonduelle avait notamment prévenu d’une augmentation de tarifs. La raison évoquée : l’envolée du prix du fer blanc, liée à la flambée des matières premières en 2008. «Les aciéristes ont appliqué une hausse de 45 % à 50 % du métal pour emballage, ce qui s’est traduit par une hausse de 20 % à 25 % du prix des boîtes», affirme M. Ledermann.
Avec la rechute des cours, une stabilité, voire une baisse, de ces tarifs fixés à l’année est attendue pour 2010, d’autant que le prix de l’aluminium, concurrent du fer blanc beaucoup utilisé pour les canettes de boissons, a fondu.

Publié le 02/09/2009 (France et Monde)