Continental : les syndicalistes unis face aux actionnaires

Publié le 05/04/2009
Le 23 avril prochain, les actionnaires du groupe Continental se réuniront à Hanovre. Ils recevront, ce jour-là, la visite de syndicalistes français et allemands, très remontés. Les salariés demanderont des comptes.
Continental : les syndicalistes unis face aux actionnaires
Continental : les syndicalistes unis face aux actionnaires
Le 23 avril prochain, les actionnaires du groupe Continental se réuniront à Hanovre. Ils recevront, ce jour-là, la visite de syndicalistes français et allemands, très remontés. Les salariés demanderont des comptes.

A Sarreguemines, les salariés sont   au chômage partiel jusqu'au   14 avril.

A Sarreguemines, les salariés sont au chômage partiel jusqu'au 14 avril

C’est la première fois dans le groupe Continental qu’il y a cette unité !», constate Pierre Rubeck, secrétaire du comité central d’entreprise de Continental France et délégué du personnel CFTC. Qu’on ne s’y trompe pas, le ton de l’homme n’est pas triomphaliste. Dans sa voix, il y a de l’émotion et de la colère.


Jeudi et vendredi, Pierre Rubeck, à l’invitation d’Euroforum (le comité central d’entreprise européen, N.D.L.R.), a assisté à une réunion à Hanovre. A l’ordre du jour : «La fermeture prévue des sites de production de pneus de Clairoix en France et de Stöcken en Allemagne». Organisé en quelques jours, le rendez-vous ne fut pas statutaire, la direction étant absente. « L’avocat de Continental avait dit au tribunal (lire RL du 1er avril) qu’il y aurait une réunion statutaire les 2 et 3 avril, mais il n’y a eu que les élus », explique le syndicaliste sarregueminois.

RETRAIT DES PROJETS


Jeudi donc, ces élus ont «réussi quelque chose d’exceptionnel, assure Pierre Rubeck. Nous avons construit une déclaration commune avec les fédérations syndicales représentées au sein des sites français (CFTC, CFDT, CGT, CGC et FO) et le syndicat allemand de la chimie (IG-BCE)
Appelant à «une mobilisation massive » le jeudi 23 avril, la déclaration dénonce «une décision amorale […], une nouvelle violation de la confiance», rappelle «qu’en 2008, les deux sites ont contribué d’une façon exceptionnelle au résultat de la division pneus […] », pointe «les concessions sociales » faites par les salariés de Clairoix et Stöcken. Elle conclut : «Le seul moyen de réparer cette trahison est l’abandon sans délai des projets de fermeture. »
Le lendemain, les membres du CCE se sont rendus à Stöcken où ils ont rencontré les élus du CE du site. Pierre Rubeck a alors été abordé par un huissier. « Il m’a remis une convocation pour une réunion du CCE le 22 avril, dans un endroit pas encore connu. A Sarreguemines, on m’a demandé de signer l’ordre du jour de la réunion du 22. Comme il y une procédure judiciaire en cours, j’ai refusé. C’est pour cela que l’on m’a envoyé un huissier», explique Pierre Rubeck. Et de poursuivre : «Les membres d’Euroforum ont été très choqués par cette démarche. La direction considère que la première réunion a eu lieu le 31 mars, à Nice. Légalement, ils convoquent pour le 22 avril. Pour que la convocation soit valable, il faut que le secrétaire du CE puisse modifier l’ordre du jour. »

Odile BECKER.

Publié le 05/04/2009 (France et Monde)