Crise : production réajustée

Publié le 08/04/2009
Smart à Hambach
Crise : production réajustée
Crise : production réajustée
Smart à Hambach

1) Des ventes stables
Mon petit véhicule ne connaît pas la crise… Alors que beaucoup de constructeurs automobiles ne savent plus à quel saint se vouer, Smart échappe encore au marasme économique. 28 800 exemplaires ont été vendus au premier semestre, contre 28 900 à la même période en 2008. «Avec un retrait de 0,5 % seulement, la performance demeure positive», affirme Jean-Yves Schmitt, chargé de communication chez Smart France. «Sur janvier et février, nous avons les mêmes chiffres de vente qu’en 2008, c’est plutôt bon signe », confie un salarié de l’usine. Mars est un mois plus difficile, avec 11 900 véhicules vendus (-1,8 % par rapport à 2008).

2) 582 véhicules au lieu de 600
Les ventes sont stables mais la production est en baisse. 130 000 fortwo devraient sortir des lignes de Hambach cette année, et non les 138 000 espérés. La production est aujourd'hui ramenée de 600 à 582 véhicules par jour. «Le parking principal est vide, annonce un salarié. On voit bien que le stock diminue. » Patrick Hozkowicz, délégué CFDT, précise : «C’est un réajustement des stocks. » Jean-Yves Schmitt acquiesce : «Il y a la volonté de réduire des stocks, mais cela reste dans des proportions satisfaisantes.»
Les salariés ne sont guère inquiets. «Le groupe Daimler a trop attendu pour revoir ses objectifs. Il n’a pas envie que les stocks gonflent ici », avoue un salarié. «Cette baisse de production n’est pas inquiétante, vu le marché global», pense Gilles Hemmerling, président des sections CFE-CGC du site. Patrick Hozkowicz dit aussi : «Nous avons demandé une baisse de production journalière pour anticiper. Il vaut mieux être prudent. Nous pouvons toujours la réajuster…»

3) Heures supplémentaires en suspens
«On avait l’habitude d’avoir 200 ou 300 € de plus par mois, cela mettait du beurre dans les épinards », reconnaît un salarié. Les heures supplémentaires sont suspendues jusqu’en juin à priori. Les employés le prennent avec philosophie. «Nous sommes embauchés à 35 heures, on ne peut trop rien dire.» Gilles Hemmerling ajoute : «Nous avons gagné en productivité. Nous sommes à la pointe. Nous ne pouvons pas produire plus. Mais nous ne savons pas ce qui nous attend au deuxième semestre. »

4) Vers des jours chômés ?
Trois jours de congés collectifs (et donc forcés) ont été décrétés, en mars, pour changer le système informatique, et le vendredi 22 mai, au lendemain du jeudi de l’Ascension. «Smart adapte sa production à la situation du marché», explique Jean-Yves Schmitt. Des salariés croient savoir que l’usine fermera aussi du 18 au 20 mai. Soit une semaine entière. Jean-Yves Schmitt dément ces informations : «Non, non, il n’en est rien ! » Gilles Hemmerling poursuit : «L’inquiétude est là. Qu’allons-nous faire si demain on descend à 100 000 véhicules à l’année, le plein-emploi ne sera pas assuré. » Patrick Hozkowicz appuie : «Notre objectif est d’éviter le chômage partiel. » Le groupe Daimler va réduire le temps de travail de ses employés, partout dans le monde. Sauf à Hambach. Pour l’instant...

Publié le 08/04/2009 (Sarreguemines)