Débrayage et grève partielle à la Fonderie Lorraine

Publié le 02/03/2011
Une partie des salariés de la Fonderie Lorraine a débrayé lundi, une autre s'est mise en grève. En jeu, l'augmentation des salaires, finalement fixée à 75 EUR. Une négociation qui a fait voler en éclats l'intersyndicale.
Débrayage et grève partielle à la Fonderie Lorraine
Débrayage et grève partielle à la Fonderie Lorraine
Une partie des salariés de la Fonderie Lorraine a débrayé lundi, une autre s'est mise en grève. En jeu, l'augmentation des salaires, finalement fixée à 75 EUR. Une négociation qui a fait voler en éclats l'intersyndicale.

Le Républicain Lorrain, Mercredi le 02 Mars 2011 / SRG + FOR 
 

 

Le piquet de grève a été installé devant les grilles de l'usine, durant toute la nuit de lundi à mardi. Photos Thierry NICOLAS ;

Nous avons fait beaucoup d'efforts depuis la reprise de la Fonderie Lorraine par la ZF, que ce soit en terme de flexibilité ou d'heures supplémentaires. C'est quelque chose que la direction devait prendre en compte ». Sur ce principe, les quatre syndicats de la Fonderie Lorraine, à Grosbliederstroff, sont d'accord.

La CFDT, la CGT, la CFTC et FO attendaient donc beaucoup de la journée de lundi, quatrième et dernière rencontre des négociations salariales annuelles. Les prétentions des organisations variaient de 100 à 150 EUR de plus par mois. Histoire de mettre la pression, les syndicats ont appelé à un débrayage dès 13 h, un message plutôt bien suivi. Une première proposition de la direction, de 58,44 EUR, a été écartée. Lundi en fin d'après-midi, la direction a fait une nouvelle offre : une augmentation mensuelle de 75 EUR, rétroactive au 1er janvier.

Intersyndicale fissurée

La CFDT et la CGT trouvent l'offre honorable. « Cela représente quand même une hausse de 5,5 %. C'est la plus forte augmentation depuis 15 ans. Quand on pense que chez Behr, ils ont fait grève durant cinq jours pour obtenir 40 EUR », souligne Didier Getrey pour la CFDT. Estimant avoir atteint leur but, les deux syndicats décident donc la reprise du travail, lundi sur les coups de 19 h.

Ce qui n'est pas du goût des adhérents de la CFTC et de FO. « Nous avons demandé aux ouvriers ce qu'ils en pensaient. Ils n'étaient pas d'accord, nous avons donc organisé un piquet de grève ». Durant toute la nuit, une vingtaine à une cinquantaine de personnels se relaie autour d'un feu de palettes, à l'entrée de l'usine. Ils n'empêchent pas l'accès des salariés non-grèvistes, mais bloquent les entrées et sorties de camions.

Et dans les rangs, c'est l'amertume qui règne. « La CFDT et la CGT se sont rétractées au dernier moment. Ils nous ont lâchés », estiment Abderrahmane Chaalal pour FO et Carmelo Foro pour la CFTC. « Nous, nous avons suivi les salariés, nous sommes allés au bout », se félicitent-ils malgré tout.

« La ZF nous a rachetés depuis quatre mois seulement, et cette grève ne donne pas une image positive de l'usine », regrette pour sa part Didier Getrey.

Accord signé

Hier matin, la CFDT et la CGT, qui représentent 70 % du personnel, ont signé l'accord sur la base de 75 EUR par mois. « Nous avons également obtenu l'ouverture de négociations sur une prime qualité », se félicite Didier Getrey. Pendant ce temps, la CFTC et FO tenaient toujours le piquet de grève devant les grilles de l'usine.

En milieu de matinée, ils ont été reçus par la direction. « Nous demandions le paiement du jour de grève, et que la prime de présence ne soit pas impactée », expliquent Abderrahmane Chaalal et Carmelo Foro. Une requête qui n'a pas été entendue.

En fin de matinée, l'activité de la Fonderie Lorraine, qui compte quelque 550 employés, dont beaucoup d'intérimaires, a repris normalement.

Cécile CHAMBRU.