Deux usines mais une même promesse

Publié le 25/04/2012
Sous la tente des sidérurgistes d'ArcelorMittal à Gandrange, Jean-Marc Ayrault a signé un texte qui engage un éventuel futur gouvernement socialiste.
Deux usines mais une même promesse
Deux usines mais une même promesse
Sous la tente des sidérurgistes d'ArcelorMittal à Gandrange, Jean-Marc Ayrault a signé un texte qui engage un éventuel futur gouvernement socialiste.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 25 Avril 2012 / THI /

 

 

 Photos Pierre HECKLER

 

C'est un engagement, une marque de soutien fort qu'on ne peut pas refuser ! Maintenant, on jugera aux actes... » Frédéric Weber, secrétaire adjoint de la CFDT, était satisfait.

Il n'en attendait pas moins lorsqu'une demi-heure plus tôt, Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale et surtout conseiller spécial de François Hollande, s'est engouffré sous la tente, plantée devant les Grands bureaux d'ArcelorMittal. Un peut-être futur premier ministre au 'village gaulois', la scène n'est pas passée inaperçue et a pu rassurer un peu les syndicalistes. Le 24 février, François Hollande était venu s'engager à défendre une proposition de loi imaginée par les syndicalistes florangeois. Hier, Jean-Marc Ayrault est allé plus loin, signant le texte qu'ils lui ont présenté. Édouard Martin a lu l'engagement à haute voix, dans lequel il est stipulé « faire de la sidérurgie, y compris à travers la loi, un secteur indispensable et stratégique pour la France et pour l'Europe. Le futur gouvernement français s'engage à défendre ce secteur industriel en empêchant le groupe Mittal de condamner des outils de production en France » et « d'asseoir durablement la production d'acier au sein de l'Europe ». Le paraphe vaut tous les messages d'espoir pour les sidérurgistes, lassés d'être bercés de fausses promesses, usés par plus de huit semaines de conflit social, à payer de leur personne jusque dans des nuits sans sommeil.

L'autre face de la Fensch

Le contraste était saisissant pour Jean-Marc Ayrault. Deux heures plus tôt, il a visité Tata Steel à Nilvange. D'un côté l'on craint « des annonces dramatiques avant l'été », dixit Édouard Martin, de l'autre le directeur de Tata Steel, Paul Hodgson, s'inquiète plutôt des investissements et des cadences des marchés de remise en état des lignes à grande vitesse. Après les rails à 108 m, Tata Steel mise sur les rails de tramway avec moins d'usure que l'usine nilvangeoise développe. « Cela fait 120 ans que l'usine tourn e », a rappelé Paul Hodgson, en énumérant les places du monde qui sont livrées en produits laminés par l'usine. « On ne devient pas lamineur du jour au lendemain, c'est des années d'expérience », insiste Paul Hodgson. De quoi conforter Jean-Marc Ayrault, convaincu que l'industrie française possède un avenir. « Je suis venu délivrer un message. La politique industrielle doit être une priorité, cela nécessite des choix stratégiques. Je suis venu vous convaincre que le redressement de la France est possible. »

Ils se sont donné rendez-vous après le 6 mai. Mais avant, en soirée, il est passé par Thionville pour motiver les troupes socialistes. Il reste un homme en campagne.

O. S.