Dialogue de sourds à Florange

Publié le 10/03/2012
Social - Echec hier des négociations entre la direction d'ArcelorMittal et les syndicats
Dialogue de sourds à Florange
Dialogue de sourds à Florange
Social - Echec hier des négociations entre la direction d'ArcelorMittal et les syndicats

© L'Est Républicain, Samedi le 10 Mars 2012 / Région Lorraine 
© Vosges Matin, Samedi le 10 Mars 2012 / Région Vosges / Florange

 
Édouard Martin : « Lakshmi Mittal est en train de faire un bras d'honneur à Sarkozy qui pense que le dossier est réglé » . Photo AFP 

Florange. La réunion de négociation entamée jeudi entre la direction d'ArcelorMittal Florange et les syndicats à la sous-préfecture de Thionville, s'est poursuivie hier et rapidement soldée par un échec.

« L'intersyndicale (CFDT, CGT, FO) demandait à Mittal de s'engager d'une part à ne pas fermer partiellement ou totalement l'outil de production au moins jusqu'en mars 2013 et de mettre en place d'autre part, un calendrier de plan pluriannuel d'investissement pour la filière liquide et la filière packaging », explique Frédéric Weber (CFDT).

De son côté la direction du groupe ArcelorMittal réitère sa proposition « d'investir 17MEUR sur le site de Florange ». Deux millions à investir sur la filière liquide et huit millions sur la chaîne du froid, non concernée dans ce conflit.

Durcissement du conflit dès lundi

« Après des heures de palabre on n'a pas avancé d'un iota. Les deux millions d'euros promis pour la filière liquide serviront tout juste à panser les plaies d'usure sur l'outil. Il n'y a aucun dialogue social et on voit bien que la direction du site n'a aucune marge de manoeuvre pour négocier. On nous prend pour des imbéciles », regrette Frédéric Weber. Les salariés ont toutefois décidé de lever les piquets de grève qui bloquaient les expéditions sur le site, « parce que nous sommes des gens responsables », soulignent les syndicats. Mais dès lundi les actions reprendront « d'une manière ou d'une autre ». Un comité d'entreprise doit se tenir lundi matin à Florange, pour évoquer l'attribution de l'APLD (financement du chômage partiel par l'État) au second trimestre.

L'humoriste Guy Bedos rejoindra les salariés en milieu de journée et ceux-ci se réuniront en assemblée générale en fin de journée pour décider de la suite du mouvement.

La direction d'ArcelorMittal indique dans un communiqué être « prête à reprendre un dialogue social serein et constructif avec l'ensemble des organisations syndicales dans les plus brefs délais ». Quant au préfet de Lorraine, il a assuré hier que les engagements pris par Nicolas Sarkozy pour l'aciérie figureront «de la façon la plus précise» dans le dispositif de chômage partiel devant être signé prochainement entre ArcelorMittal et l'Etat.

Stéphanie SCHMITT