Douanes : le compte n'est pas bon

Publié le 25/04/2012
D'un côté, les douanes s'engagent à créer 120 emplois à Metz, d'un autre, elles ferment un service. Le sort s'acharne sur la ville.
Douanes : le compte n'est pas bon
Douanes : le compte n'est pas bon
D'un côté, les douanes s'engagent à créer 120 emplois à Metz, d'un autre, elles ferment un service. Le sort s'acharne sur la ville.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 25 Avril 2012 / MTZ /

 

 

Photo archives RL.

 

Une promesse est une dette, et vos créanciers sont toujours prompts à vous le rappeler. Hier, c'était au tour des douaniers de présenter la note à l'État qui s'était engagé en 2009 à compenser les départs massifs des militaires de la place forte de Metz. « Les promesses doivent être tenues par l'État et qu'importe le président qui gouverne », a sermonné hier Salvatore Lunesu, porte-parole du syndicat FO douanes, lors d'une conférence de presse à laquelle assistaient Jean-Yves Minet, secrétaire national UNSA douanes, Pascal Martin, secrétaire régional CFDT douanes, et Claude Lagranne, CGT.

Plutôt remontés, les représentants des douaniers ont fait part des dernières décisions prises à Paris et relayées le 10 avril devant les organisations syndicales par Francis Bonnet, directeur général adjoint des douanes. « Ce jour-là, on nous a dit clairement que le Centre interrégional de saisie des données de Metz allait être fermé », rapporte Salvatore Lunesu à qui on a aussi suggéré, au plan régional, de ne pas diffuser l'information en ces termes. « On nous a dit de ne pas parler de fermeture, mais de 'reconversion'... »

En fait, le service disparaîtra bien à l'horizon 2013 avec ses 44 agents chargés d'une mission méconnue et pour le moins insolite. Couvrant les deux tiers du pays, le service a, en effet, pour fonction de collecter les données (TVA, entrées et sorties de marchandises...) permettant d'établir les statistiques du commerce extérieur de la France.

« Encore des coupes »

Deux plateformes similaires existent. L'une est implantée à Sarcelles, en région parisienne, l'autre à Lille. La première compte actuellement 22 agents des douanes, le deuxième, 36. « Ce qui signifie qu'on va fermer le plus gros site de France. C'est du jamais vu ! », s'étouffe Salvatore Lunesu. D'autant qu'il ne lui a pas échappé, qu'une fois de plus, le choix de dissoudre une unité s'est fait au détriment de la Lorraine. « Comme si la suppression de milliers d'emplois n'avait pas suffi, il faut encore opérer des coupes. »

Et c'est là que le bât blesse. Car, dans le projet de renflouer un peu Metz après la volatilisation des armées, il y a la création du pôle national de prélèvement de l'écotaxe sur les poids lourds qui entrera en vigueur en juillet 2013. Si la mise en place technique du dispositif a été confiée à un consortium privé, il incombera aux douanes de redistribuer aux collectivités publiques le fruit de la récolte, près d'1,5 milliards d'euros par an, et de régler les contentieux avec les transporteurs en infraction.

Pour veiller au respect des règles par les camionneurs et faire appliquer la loi, 150 postes dans un premier temps, puis 120 postes aux dernières nouvelles auraient dû voir le jour à l'amorce de 2013 quelque part autour de Centre Pompidou-Metz, dans le quartier de l'amphithéâtre. C'est là que les syndicats révèlent la supercherie : « En fait, le solde sera de 76 agents si l'on déduit les 44 postes qui vont être retirés à Metz et, en fait, transférés à l'écotaxe. » Un tour de passe-passe qui ne surprend pas. Déjà, l'INSEE avait fait le coup. Des 750 emplois promis, il n'en existe actuellement qu'une centaine et les meilleurs pronostiqueurs tablent sur 650 vers 2015. Que dit-on des promesses, au fait ?

Th. F.