ECONOMIE ARCELORMITTAL : REDEMARRAGE DU P6 : BRANLE-BAS A FLORANGE

Publié le 16/07/2009
L'annonce soudaine du redémarrage du haut fourneau P6 à Hayange provoque le branle-bas de combat du côté des installations sidérurgiques de Florange. «Un challenge à relever !» lance le patron de l'usine.
ECONOMIE ARCELORMITTAL : REDEMARRAGE DU P6 : BRANLE-BAS A FLORANGE
ECONOMIE ARCELORMITTAL : REDEMARRAGE DU P6 : BRANLE-BAS A FLORANGE
L'annonce soudaine du redémarrage du haut fourneau P6 à Hayange provoque le branle-bas de combat du côté des installations sidérurgiques de Florange. «Un challenge à relever !» lance le patron de l'usine.

Nous envisageons de relancer la production d’acier liquide à la mi-août. C’est un véritable challenge qui se présente à nous. Nous devons le relever !» Le propos d' Henri Blaffart, directeur du site ArcelorMittal de Florange, sonne comme un appel à la mobilisation pour que le haut fourneau P6 de Patural, à Hayange, puisse redémarrer dans les délais (lire RL d'hier).

«Techniquement nous savons faire. Nous l’avons déjà réalisé cet hiver. Et comme nous avons soigné l’arrêt de l’installation, nous ne devrions pas connaître de problème », estime le directeur de l’usine. Il voit en outre dans cette annonce «la confirmation de l’importance de Florange chez ArcelorMittal. Cela renforce la crédibilité de notre usine. L’arrêt était bien conjoncturel et non structurel !», répète Henri Blaffart. De fait, «le frémissement des commandes » que le responsable lorrain ne veut surtout pas assimiler «à une reprise » dépasse aujourd’hui les 150 000 tonnes de brames. «On est en pénurie de brames chez ArcelorMittal. Faire venir autant de tonnes de brames de Dunkerque, d’Allemagne, de Belgique n’a pas de sens », affirme François Pagano, de la CFE/CGC de Florange, très satisfait de voir repartir le P6. «Il faut se retrousser les manches, mobiliser les équipes, trouver les gens et les mettre au bon endroit. »
500 à 600 personnes sur le pont
Le véritable défi est celui des ressources humaines. «Pour fonctionner il faut 500 à 600 personnes. Elles sont un peu partout dans la nature. Il y en a en chômage partiel, en congés, d’autres encore en départ volontaire. On est complètement désorganisé. C’est le flou le plus complet. Je crains que la direction ne veuille en profiter pour supprimer la cinquième équipe », constate Yves Fabbri de la CGT. A la CFDT, on «craint un défaut de compétences pour relancer la machine avec tous les départs de l’entreprise », explique Didier Coletti. «Ce ne sera pas facile. Il faudra également solliciter à nouveau les sous-traitants. Je ne crois pas à un redémarrage pérenne », remarque de son côté Walter Broccoli, de FO. Henri Blaffart se veut pourtant rassurant : «Au haut fourneau, on travaille en continu donc nécessairement avec cinq équipes. Devant et derrière on verra. Je ne dis pas qu’il n’y aura pas ponctuellement une difficulté, mais nous avons déjà été confrontés à ce type d’arrêt et de redémarrage. » Rendez-vous mi-août pour voir si le défi a bien été relevé par les sidérurgistes lorrains.
Bernard KRATZ.
Publié le 16/07/2009